Jacques, le petit lézard géant (2008 - en cours, Libon)

Publié le par GouxMathieu

http://www.bodoi.info/wp-content/0901images/s0906/libon_bras.jpg  Dans le fabuleux monde de la bande dessinée, il m'arrive encore aujourd'hui, moi qui suis pourtant très porté sur les "classiques", Gotlib, Uderzo, Peyo et Franquin, de tomber sur des perles rares : sur des auteurs et des œuvres formidables, qui me parlent et plaisent au-delà de toutes attentes. Aujourd'hui, je veux parler d'un auteur, et d'une série, que j'aime par-dessus tout : il s'agit de la série Jacques, le petit lézard géant et de son dessinateur Libon, dont je reparlerai sans doute un jour.

 

  L'histoire de Jacques est rocambolesque, et c'est précisément pour cela que je l'aime autant. Le cadre : notre monde. L'armée fait des essais nucléaires. Un des physicien laisse malencontrueusement tomber des cheveux dans une des bombes, et lorsque celle-ci explose à proximité d'un petit lézard, le génie génétique le transforme en une sorte de dinosaure bizarroïde, parlant mais peu intelligent, bientôt adopté par une "mamie" à moitié aveugle qui le prend pour son toutou.

  Si vous avez survécu à ce résumé, vous pouvez entamer la lecture.

  Jacques va alors par la suite rencontrer de nombreux personnages, l'armée, des enfants, des écologistes, qui tous partagent deux points communs : ils en veulent tous à Jacques, qui ne veut pourtant que "rentrer chez Mamie", et ils sont tous irrémédiablement stupides. Les écologiques végétariens veulent relâcher des plantes sur roulettes plutôt que des animaux ; les militaires font "iiii" et tirent sur tout ce qui bouge ; les enfants le prennent pour un T-Rex, et veulent l'empêcher d'être disséqué.

  Le petit lézard géant n'aspire pourtant qu'à une seule et unique chose : rentrer chez sa Mamie où il est choyé, aimé, même si c'est au lance-pierres. Mais la route est longue, et tout le monde l'en dissuade.

  Le dessin de Libon est formidablement expressif, clair, rarement surchargé. En bref, les personnages ont des mimiques fabuleuses. Mais ce qui fait la grande force de la bande dessinée cela reste, à mon grand sens, les dialogues, qui calquent comme je ne l'avais jamais vu encore les "tics" de la langue parlée : les "rho" succèdent aus "mais non" et aux "ahah oui mais oui", et le décalage entre ces expressions purement orales et famillières et l'écrit rend le tout délicieux.

  Non contraint de participer à l'humour global du récit, ces expressions donnent une véritable personnalité aux protagonistes, tous plus bêtes, mais également tous plus sincères, les uns que les autres. C'est un procédé que l'auteur affectione et que l'on retrouve dans ses autres séries phares, notamment Hectok Kannon et Tralaland. Mais Jacques possède une certaine fraîcheur de ton et une légèreté qui confinent à la naïveté et qui donne un résultat absolument charmant ; bref, une douceur incroyable, qui me ferait penser quelque peu à celle des Schtroumpfs, le danger de Gargamel en moins.

  Pour moi, une riche découverte. Et un auteur qui, assurément, gagne à être connu.

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