My Name is Earl (2005 -2009, Gregory Thomas Garcia)

Publié le par GouxMathieu

http://thelondoncall.files.wordpress.com/2008/11/my_name_is_earl_dvd1.jpg  Que ce soit dans la littérature, le cinéma, la peinture, la musique ou encore la télévision, il y a des œuvres positives. Ce sont des films, des livres, des mélodies qui donnent du bonheur et de la joie de vivre, sans pour autant soulever en nous de profondes émotions même si, l'un entraînant l'autre, on peut en rire ou en pleurer. My Name is Earl fait ouvertement partie de celles-ci ; découverte il y a peu par l'intermédiaire d'une amie, je l'ai instantanément appréciée : le pittoresque de ses situations et de ses personnages, le message optimiste de chacun de ses épisodes, tout cela concorde à faire de cette série un chef d'œuvre de bonne humeur.

 

  Le prétexte est le suivant (traduction du générique de début d'épisode) : "Vous connaissez ce genre de mec qui fait rien de sa vie sauf des conneries et qui se demande pourquoi sa vie, c'est de la merde ? Ben, c'était moi. À chaque fois que quelque chose de sympa m'arrivait, un pépin m'attendait toujours au tournant. On appelle ça le Karma. C'est à ce moment-là que j'ai compris qu'il fallait que je change. Alors j'ai fait une liste de tout ce que j'ai pu faire de mal, et au fur et à mesure je répare mes erreurs. J'essaie juste d'être un homme meilleur. Je m'appelle Earl." (You know the kind of guy who does nothing except bad things and wonders why his life sucks? Well, that was me. Everytime something good happened to me, something bad was always waiting around the corner. Karma. That's when I realised I had to change. So I made of everything bad I've ever done, and one by one I'm gonna make up for all my mistakes. I'm just trying to be a better person. My name is Earl.)

  Remplissons un peu les blancs. Earl J. Hickey est un petit malfrat d'une trentaine d'années. Sans travail, volant pour survivre, un casier composé de larcins et de braquages ratés, marié à une allumeuse qui lui a fait deux enfants illégitimes, on peut dire, sans se mouiller, qu'Earl est un looser. Il fait partie de ces habitants de l'Amérique profonde et sudiste, guère méchant mais rebut de la société malgré lui. Tout change lorsqu'un jour, alors qu'il avait acheté un ticket de jeu à gratter, il gagne 100 000$. Malheureusement, le sort le punit : alors qu'il exultait, il traverse la route sans regarder et se fait renverser par une voiture, perdant son précieux bien.

  Une fois à l'hôpital, sa femme divorce et marie le vrai père de son deuxième enfant ; et Earl apprend l'existence du Karma à la télévision. Il décide alors de devenir une personne meilleure, et tandis qu'il nettoie la cour du motel où il crèche avec son frère un peu "lent", le billet gagnant lui revient, apporté par le vent. Il a alors fait une liste complète (et qu'il augmente au fur et à mesure de ses souvenirs) de tous ses forfaits, dans l'espoir qu'une fois sa dette au destin payée, il pourra jouir d'une vie plus agréable.

  Chaque épisode nous met donc dans la peau de Earl qui tente de réparer un numéro précis de sa liste. Ce peut être tout et n'importe quoi : avoir volé un ordinateur portable à un bussinessman, avoir trahi la confiance de sa mère ou n'avoir jamais payé ses impôts. Bien sûr, les choses s'avèreront toujours plus compliquées qu'il ne semble : si ce n'est dans les cas où la réparation même de la faute semble problématique, Earl découvrira souvent les conséquences, souvent incroyables du vol ou de la malveillance qu'il a commis alors.

  Si j'ai dit qu'il s'agissait là d'une série "positive", c'est que chaque épisode se finit, peu ou prou, sur un message d'espoir, de réconciliation et de bonheur. Les méchants sont toujours punis, les gentils toujours récompensés : c'est le Karma, en un mot. Mais il ne faudrait pour autant pas considérer cette série comme une adaptation des Bisounours. Les personnages sont à l'opposé de ce que l'on a l'habitude de voir dans les sitcoms américaines : issus des classes basses de la société, ils ne vivent pas à New York dans un bel appartement et ne sont ni docteurs, ni professeurs, ni surdoués. Ils squattent dans des caravanes ou des motels crasseux, ne s'intéressent ni à l'actualité, ni à la nouvelle technologie, boivent de l'alcool par hectolitres et parlent slang. Des pauvres remplis de préjugés qui tentent de devenir meilleurs, on ne nous l'avait jamais faite encore !

  La série se déroulant dans un état sudiste du reste (sans doute l'Oklahoma), c'est pour les auteurs l'occasion d'émailler les épisodes de chansons fortement marquées : Lynyrd Skynyrd, the Allman Brothers Band, Carlos Santana ou encore Creedence Clearwater Revival répondent présents parmi d'autres. Il est rare que l'on se réclame de la culture dite redneck ("bouseux") ; cela ne doit pas passer inaperçu.

  En regardant cette série, je ne m'esclaffe pas comme devant The Big Bang Theory, je ne suis pas passionné comme j'ai pu l'être pour Lost, cela ne me fait pas réfléchir comme South Park. Mais j'ai un plaisir sublime à la suivre. Je me suis pris d'amitié pour ces personnages, plus proches de moi que jamais, leurs craintes sont les miennes, leurs espoirs sont les miens. Il y a des œuvres qui travaillent sur l'instant, qui nous font peur, ou nous font rire, uniquement le temps de leur existence. Et il y en a d'autres, comme celle-ci, qui nous font de l'effet sur la durée. Et je suis, de corps, de cœur et d'esprit, avec Earl et sa quête existentielle.

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