Stubbs the Zombie: The Original Soundtrack (2005, artistes divers)

Publié le par GouxMathieu

 http://gouxmathieu.free.fr/RessourceImages/Stubbsico.jpg On le saura ; j'ai dans ma collection de disques compacts autant d'albums "originaux" que de bandes originales, et notamment de bandes originales de jeux vidéos. Aimant profondément ce "dixième art",  je ne pouvais que saluer le talent de ceux qui proposent lors d'une expérience vidéoludique un élément aussi indispensable que peuvent l'être les graphismes, la jouabilité ou l'intrigue. Cependant, cet album  tient une place particulière, puisque issu d'un jeu que je ne possède pas, et que j'ai très peu essayé du reste : si bien que je connais surtout la musique et non le jeu, ce qui facilite, du reste, le jugement de la  qualité objective d'un tel album.



   Néanmoins, il convient de rappeler une donnée primordiale concernant le jeu en question pour saisir la portée du disque. Stubbs the Zombie in "Rebel Without a Pulse" prend place en 1959, dans une esthétique que certains diront "kitsch" qui n'est pas sans rappeler le charme des films d'Ed. Wood. Ainsi les développeurs ont-ils su nous proposer une vision particulière d'un "futur" tel qu'on le concevait dans les années 1960, et tout ce que cela implique. On ne sera  donc guère surpris d'apprendre que l'intégralité des pistes de l'album en question (exception faite de "If I Only Had a Brain" issu du film de  1939 The Wizard of Oz, et de "The Living Dead", piste originale du groupe "Phantom Planet") proviennent directement de ces années-ci.

   Si vous avez d'ores et déjà vu Back To the Future, certaines vous diront quelque chose : "Earth Angel", "Mr. Sandman" ("bring me a dream"), etc. Mais là où se trouve la particularité de l'album, c'est qu'il ne s'agit guère ici des compositions originales, mais belle et bien de reprises, faites par de jeunes groupes et artistes de rock alternatif, tel que Ben Kweller, Death Cab for Cutie ou encore The  Dandy Warhols, dont les noms n'ont certes pas encore transpercé de bout en bout la sphère musicale, mais qui ont chacun quelque chose pour plaire, chacun leur petit mérite. Réécriture signifie bien  entendu "relecture", et nous assistons ainsi à un concert ambigü, "alternatif". En d'autres termes, dans le monde dystopique de Stubbs the Zombie, se plaçant dans un "autre 1959", il est nécessaire que le  paysage musical de cette époque seconde subisse lui aussi les modifications du "glissement dimensionnel".

   Certes, ce serait mentir de dire que chaque piste est une perle, quand bien même on se doit de saluer l'ingéniosité de ces artistes qui, partant d'une base existante, réussirent à apposer avec brio leur  patte. Certaines, ainsi, passent relativement inaperçues, peut-être justement du fait que le style est trop "personnel", trop "au premier degré" ; une telle entreprise demandait un certain humour, et à mon  sens, seule une poignée seulement parvint à tirer son épingle du jeu de façon claire et nette.

   Parmi ceux-là, j'en retiendrais surtout trois : "Lollipop" de Ben Kweller, qui reprit à son compte le choix de chanter a cappella comme le morceau original. Mais sa voix un rien nasillarde (sans atteindre  pourtant l'exquis grésillement d'un Bob Dylan) rend le tout prodigieux ; "My Boyfriend's Back", de "The Raveonettes" (groupe de pop-rock danois), dont les choeurs mettent immédiatement en joie ; enfin,  "Mr. Sandman" du groupe "Oranger", qui se piqua de réinterpréter le morceau à renforts de guitares électriques, pour un rendu à chemin entre le garage-rock ou le grunge et le heavy metal, qui là aussi ne  peut que surprendre.

   Que l'on ne se méprenne, l'album reste un de mes préférés, et souvent le mets-je pour agrémenter les longues journées, ou quand j'ai envie de me croire mort-vivant ; mais seules ces pistes ont le précieux privilège d'être hébergées par mon baladeur... nul doute que toutes les autres en sont incroyablement jalouses.

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