Undertale Soundtrack (2015, Toby Fox)

Publié le par GouxMathieu

   Je crois aux coups de foudre. Je crois à l'amour au premier regard, à l'évidence des sentiments. Aussi, que l'on m'excuse cette semaine de parler récent et de parler vif : j'ai déjà fait l'un, et l'autre, en musique surtout. Pourquoi donc toujours ici et non ailleurs ? Du langage de l'âme et du reste, je ne parlerai point, du moins, pas maintenant.

 

   Je reviendrai tôt ou tard à Undertale, et je pense même en parler pendant plusieurs années tant, si je fais mon Lanson, je crois que tout ce qui fut fait avant y conduisit, tant tout ce qui sera fait après y reviendra. J'ai déjà commencé ailleurs ; je poursuis ici en parlant surtout de sa musique. Cette bande son, effectivement, de ne pas seulement être le meilleur accompagnement rêvé pour un jeu vidéo ou pour une œuvre culturelle quelconque, mais aussi et surtout d'être l'un des meilleurs albums de musique tout court, tous genres, époques, styles, registres, artistes, confondus.

   Il y a dans cet album quelque chose que j'aime encore plus que le clair-obscur, que l'arc-en-ciel dans les ténèbres et que la sordide alliance des contraires : il y a du fractal, de l'infini dans le détail et du détail dans l'infiniment grand. Il y a du répondant et de l'écho, de la référence en boîte et de l'acrostiche palindromesque, l'anacoluthe pluriel ; la sagesse dans une goutte de pluie, et la forêt dans la feuille. Il y a le grand et le petit, le long et le court : la vie, en un mot, en une note et deux accords. Voici venir la bande originale d'Undertale, ouvrage d'un seul homme et vérité conquise de siècles de recherches.

   Je m'emporte : sans doute aucun et je le revendique. Je crois aux coups de foudre : je me crois à nouveau avoir 17 ans et, comme disait l'autre, je ne serai pas sérieux. Je laisse de côté la mesure et le temps, le répit et l'intelligence. Je souffrirai de passion et de passion crue, et je ne cherche pas même à vous entraîner dans ma ronde : Undertale ne se raconte pas, il se vit et il se vit, notamment, par sa musique. Pour parler clair un instant, voici une œuvre qui définit, en marchant, ses propres limites et qui retourne constamment sur elle-même. Sa musique intrigue car, bon an, mal an, il n'est peut-être qu'une seule ritournelle maintes fois déclinée : et l'on cherche encore les ponts et les arches, ce qui permet de relier l'ensemble et de construire une histoire unique.

   Ces musiques sont en effet narratives, quelque part, elles racontent l'histoire du jeu comme elles se racontent elles-mêmes en ce mouvement solipsiste que je décrivais à l'instant. À l'heure où les joueurs explorent et trouvent encore mille secrets dans ce jeu, je pense qu'il en est encore un à percer : dans quel ordre doit-on, indépendamment de la linéarité que l'on nous présente, écouter cet album pour construire l'intrigue, pour faire sens ? 

   La passion ne s'écrit pas, elle se chante ; elle ne se comprend pas, elle se brûle ; elle ne se juge point, elle est. Voici alors, ci bas, une liste de lecture. Allez-y, et revenez. Si la même lumière éclaire vos yeux, nous en reparlerons sans doute un jour.

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