The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)

Publié le par MathieuGoux

   Depuis mon enfance, The Legend of Zelda est, sans doute aucun, ma série de jeux vidéo favorite. On pourra bien dire que ce n'est pas très original, mais je n'ai jamais cherché l'originalité. Une autre preuve : Link's Awakening est sans doute mon épisode préféré, pour des raisons bien connues.

 

   J'aime tous les épisodes "classiques" de la saga, que j'ai eu l'occasion de refaire en stream il y a quelques temps. Pour moi évidemment, cela encapsule tout ce qui est sorti avant la Game Cube que je vois, étrangement, comme une console moderne malgré ses vingt ans passés. C'est qu'elle sortit quand j'étais au lycée, je n'étais plus un enfant ; tout ce qui fut auparavant en revanche, jusqu'à Ocarina of Time, appartient à mon enfance.

   Plus encore, Link's Awakening a été sans doute le jeu que j'aurais le plus fait et refait, avant A Link to the Past, avant les Wario Land, avant Pokémon même. Il a été l'un des premiers jeux que j'obtins sur ma Game Boy, et j'avais, dans les magazines du temps, des solutions totales pour m'aider à franchir les pires épreuves. À peine l'aventure finie, je créais une nouvelle sauvegarde et recommençais, voire en effaçais une autre pour poursuivre ad libitum.

   Je faisais bien entendu ça pour d'autres jeux, A Link to the Past et Super Mario World, mais la taille réduite de la console, sa longévité monochromale, la façon dont je pouvais jouer tant dans le salon que dans ma chambre, dans la voiture ou dans une salle d'attente, tout cela contribuait, effectivement, à relancer l'aventure encore et encore. J'avais beau connaître le jeu totalement, en savoir tous les secrets et les astuces, je ne m'en lassais absolument pas.

   J'ai eu le temps, par l'intermédiaire d'autres articles, de réfléchir à ça. Pourquoi l'ennui ne venait pas, et pourquoi, spécifiquement, sur cette version, là où le remake sur Switch, pourtant charmant sous tout apport, n'a pas provoqué le même émoi ? J'ai vieilli, certes ; mais il y a davantage, sans doute.

   Ce qui m'a touché et me touche encore, c'est encore le côté très intimiste, prudent voire fragile de cet épisode qui se déporte, sans doute pour l'unique fois, de la grande aventure, de l'épopée, des enjeux apocalyptiques. Il y a quelque chose d'égotiste certes, Link voulant surtout rentrer chez lui, mais même Majora's Mask associait cet enjeu à une fin du monde. Là, tout est comme contenu, étroit, éphémère. On a beaucoup parlé de la façon, précisément, dont Majora's Mask pouvait se lire comme une réflexion sur le deuil et la mort, sur l'acceptation de la perte d'un proche. Link's Awakening serait sans doute du même tonneau, mais sans doute se placerait-il un peu après ce moment.

   Si je devais métaphoriser Link's Awakening, ce serait sans doute là où j'irais : c'est davantage le souvenir des moments heureux, le plaisir d'avoir connu le plaisir, et de l'avoir apprécié. Le personnage de Marine, de loin, me touche beaucoup ici, tout comme Saria, dans Ocarina of Time, me touchait de même. C'est l'enfance disparue, que l'on ne retrouvera jamais mais qui est passée ; mais c'est aussi cette joie et cet amour qui ont existé, qui sont toujours aussi réels même si passés. Et ce n'est pas parce que les choses disparaissent, qu'elles n'ont plus le droit d'exister.

 

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