Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)

Publié le par MathieuGoux

   Toutes choses égales par ailleurs, je suis venu tardivement aux romans de Terry Pratchett. Je connaissais son univers, notamment par l'intermédiaire de ses adaptations en jeu vidéo ; mais c'est bien des années plus tard que je revins aux origines.

 

 

   Les jeux Discworld, le curieux premier, le magistral second ou le truculent troisième, ont fait tôt partie du panthéon des jeux d'aventure me concernant. Malgré leur difficulté extraordinaire, leur écriture, leur ingéniosité, leur humour surtout, me retinrent et j'y reviens encore très régulièrement, totalement ou partiellement, tous les deux ou trois ans.

   Mais c'est quelques années après ces aventures que je me plongeais dans les romans, sans doute au commencement avec un peu d'appréhension. Je ne me croyais pas suffisamment cultivé, pas suffisamment fin pour tout comprendre : quelque part, j'avais raison tant les annales du disque mériteraient, un jour peut-être, une édition savamment critique, avec notes de bas de page et préfaces expliquant les références et les calembours les plus savants.

   Non qu'il faille nécessairement avoir ses lettres pour apprécier Wyrd Sisters ou quelqu'autre de la série ; mais ma lecture a sans doute été meilleure après avoir vu Duck Soup, après avoir lu King Lear, après avoir vécu, tout simplement. Il y a des choses que l'on comprend à quinze ans, et d'autres à vingt ou trente, alors qu'on les a toujours sues. Des sentiments restent très abstraits avant de les avoir rencontrés : et on a beau bien vivre en lisant, il faut parfois lire en vivant.

   J'ai toujours eu cette conviction, qu'on ne trouve les œuvres qu'au moment où il le faut, et qu'on évite celles qui n'auraient pas su nous plaire ou nous parlerWyrd Sisters, et tous les autres que j'ai pu lire depuis, me conforte dans cette opinion. Il me fallait vieillir un peu pour lire Terry Pratchett ; c'est chose faite. Je peux donc à présent rajeunir en compagnie de ces sorcières, de ces intrigants et de ces rois morts.

 

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