Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)

Publié le par MathieuGoux

   Renaud est sans doute le chanteur dont j'aurai le plus parlé dans ce journal. Comment en serait-il autrement ? C'est par lui que j'ai connu la chanson à texte, voire la poésie, et malgré tout, j'y reviens toujours, comme un ramponneau que l'on aurait basculé et qui se redresse finalement.

 

   C'est en tournant une adaptation de Germinal que le chanteur, on le saura, découvrit le Nord. Sa famille, une branche tout du moins, en provient ; mais c'est une culture, et un univers, qui lui était largement étrangère, lui qui chantait davantage la musette et l'argot parisien. Dans d'autres albums, au même moment d'ailleurs, il chantait le Sud ; définitivement, il y avait quelque chose de panoramique dans le chanteur énervant, à ce moment-là du temps.

   Ce n'est cependant ni par le film, ni par l'album que je découvris ces chansons, mais par un album de compilations qu'on m'avait offert. Les disques piochaient partout, tant dans ses premiers succès que dans ses plus récents ; et il y avait même ses reprises de Brassens, et Cante el' Nord.

   Je n'étais pas encore linguiste à l'époque, mais je connaissais un peu les langues régionales. J'ai grandi en Languedoc, et l'occitan faisait malgré tout partie de mon paysage, je l'entendais un peu, je le voyais parfois. Engrainée en moi depuis longtemps, l'idée de parler plusieurs langues m'était comme toute naturelle, et des biographes putatifs y verront sans doute la raison de mon futur professionnel. Mais le ch'timi et les parlers du nord de la France m'étaient inconnus : il y avait bien "Les Corons", mais je n'en connaissais rien, personne ne venait de là-haut par chez moi.

   J'ai absolument adoré cet album cependant, et j'ai même eu, depuis, l'occasion de travailler un peu en dialectologie sur ces chansons. Je suis en pays normand, et la langue est quasiment perdue ; mais je me suis rapproché néanmoins de terrils et des mines. Un jour peut-être irais-je écouter tout ça et noircir des carnets : il ne faudrait pas ignorer ce trésor, tant qu'il existe encore.  

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P
y'a un truc qui nous fascine nous autre chtis/picards c'est justement l'accent de Renaud.<br /> <br /> C'est rarissimantesque d'entendre notre patois parlé ou chanté avec un accent de titi parisien. Ça surprend l'oreille ; même le chti/picard des jeunes aisés de Lille est moins surprenant.<br /> <br /> Si jamais tu cherches à découvrir de la musique avec fort patois, y'a des tas d'enregistrements d'époque. Et même des actuels (genre "les prouts")
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