Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
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Même sans y paraître, nous avons toutes et tous reçus une éducation politique. Parfois explicitement, on a milité, on a lu un ou une telle, on est philosophe ; parfois incidemment, en vivant simplement et en comprenant comment le monde fonctionne, et notre place dans celui-ci. Et pour moi, et pour ma génération, ce fut en regardant Les Guignols.
On a sans doute peine à comprendre, aujourd'hui et pour celles et ceux qui ne les auraient connus à leur âge d'or, le succès des Guignols de l'Info. Des échos lointains de leur écriture nous parviennent encore parfois, quand on entend dire "pile-poil", "mon ami de trente ans" ou "à l'insu de mon plein gré". Occasionnellement, une référence à une boîte à coucou m'arrive. De loin, une imitation de Nicolas Sarkozy, ou de Dominique Voynet, renvoie nécessairement des odeurs de caoutchouc.
Je n'ai vraiment commencé à me politiser, croyais-je, qu'à l'Université, quand on refaisait le monde avec une ou deux pintes de bière, une cigarette louche et des cheveux ; mais avant ça, il y avait les Guignols et même si on ne comprenait pas tout, on se racontait les chroniques de la veille dans la cour de récréation. On imitait Jacques Chirac, on imaginait la World Company et ses clones, on regardait définitivement trop la télévision.
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Finalement, quand je rejoignais l'université, je cessais de regarder l'émission. Je devenais plus sérieux : je lisais des livres et la presse, j'assistais à des meetings, j'ai même collé des affiches et distribué quelques tracts. Occasionnellement, on me parlait d'un sketch bien écrit ; puis, on pouvait les retrouver sur Youtube. Des années plus tard encore, j'apprenais leur disparition, et je ne pouvais m'empêcher d'être triste malgré tout.
J'étais triste, parce que les Guignols ont malgré tout représenté quelque chose d'important, qui a sans doute disparu aujourd'hui, du moins à la télévision. De la parodie et de la satire politique, on en a toujours, et la France est comme célèbre dans le genre ; mais je ne vois rien qui, au moment où j'écris ces lignes, peut être aussi populaire et aussi influent. Est-ce que les gamins, les gamines, imitent Lecornu dans les cours de récréation, savent-ils reproduire le phrasé de Bardella ou d'Attal en attendant le professeur de français ? Je ne le pense pas. C'est peut-être mieux. C'est sans doute dommage.
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Vacances, et changements ?
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Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
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