Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
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Je reviens à Columbo, ces derniers temps, à la faveur d'une grande compilation trouvée en occasion, et inspiré, encore, par des analyses en ligne particulièrement bien touchées. J'ai toujours aimé la série ; je l'adore à présent. J'en ai déjà parlé ; j'en reparle pourtant.
Si vous ne connaissez pas Meeea, il vous faut absolument la connaître ; cette vidéaste de talent produit depuis plusieurs dizaines d'années à présent des analyses extraordinaires sur les films et les séries célèbres de l'histoire populaire. Récemment, elle se mit à le faire pour Columbo, et cela a rallumé un amour, chez moi, perdu depuis l'enfance peut-être. Chose unique pour ce journal, je reviens à la charge après un précédent article ; c'est qu'il est des œuvres qui le méritent, et qui changent des cinq ans après.
J'ai beaucoup regardé Columbo à la télévision, avec ma mère. J'appris depuis que TF1 programmait la série lorsqu'une autre émission ne parvenait pas à atteindre ses objectifs d'audience, comme en un bouche-trou. Le talent français étant ce qu'il est, Columbo était souvent diffusé.
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Inutile, je pense, de revenir sur la truculence du personnage campé par Peter Falk, ses manières et son imperméable : à présent, tout le monde doit les connaître. En revoyant la série en version originale cependant, ce que je fais pour la première fois, je me pique d'apprécier davantage le travail de l'acteur, ses tunnels anecdotiques sur sa femme ou son beau-frère, ses obsessions et sa lucidité. Il est difficile d'imaginer quelqu'un d'autre dans sa peau ; Peter Falk est, jusqu'au bout de sa carrière et malgré certains autres rôles notables, l'inspecteur californien envers et contre tout.
Je me souviens, cela m'a surpris, beaucoup des épisodes de la série. Celui avec Dick van Dyke en photographe ; cet autre, où Vincent Price apparaît furtivement en magnat du cosmétique ; cet autre, où Columbo confond Leonard Nimoy en comprenant que cet accès de colère était feint, en bon juge de la nature humaine peut-il être.
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C'est peut-être ça, encore, que j'apprécie beaucoup dans Columbo et qui distingue la série d'autres, que j'aime pourtant beaucoup de même. Certes, finalement, ce sont les preuves matérielles qui parviendront à confondre le ou la coupable, les témoignages décisifs, les impossibilités horaires. Mais ce qui met souvent l'inspecteur sur la piste, qui le fait gyrer, progressivement et spiralement, vers la solution, c'est la psychologie, la nature humaine, nos vices et nos passions.
Ainsi tel a eu une réaction bizarre en apprenant la mort de sa femme ; un autre n'a pas agi comme la plus habituelle des raisons l'aurait commandé ; on ignore ce fait, pourtant universellement connu. C'est là, peut-être, que l'on retrouve du Sherlock Holmes ou Poirot ; c'est là, peut-être, où le personnage devient vraiment vivant.
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Je reviens toujours à Columbo, du moins, j'y reviens assez. La réalisation est souvent de haute tenue ; les acteurs et actrices invitées, que l'on reconnaît ou non, apportent une variété bienvenue ; les crimes commis sont souvent ingénieux et ne se répètent pas trop. Et puis, bien entendu : les coupables sont toujours riches et bien en vue, et surtout pas au-dessus de la loi.
Là, c'est sans doute ce qui ramène la série vers la fiction. Alors, bien entendu, on ne voit pas l'après ; le jugement, le tribunal, l'emprisonnement. Sans doute, ce sénateur ou cette milliardaire a su, à renfort d'avocats brillants et de bakchichs, instiller le doute chez le jury et partir libre. Columbo l'apprend-il ? Il faut certes imaginer Sisyphe heureux ; il faut peut-être, tout autant, imaginer l'inspecteur triste de voir son travail piétiné.
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