Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
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Je ne sais pourquoi, particulièrement, les Donkey Kong Country me plaisent tellement. La nostalgie y est incontestablement pour quelque chose ; mais j'y reviens constamment, comme si je devais résoudre un ultime mystère avant de m'en départir finalement.
J'ai déjà parlé, et bien des fois, de Donkey Kong. Du deuxième épisode des Country, sans doute mon jeu vidéo favori devant l'éternel ; de Tropical Freeze, sans doute le plus grand jeu vidéo de plates-formes 2D de tous les temps ; de Bananza, qui réalise des rêves de destruction puérils. Même les épisodes les moins réussis, ou du moins, à présent, les plus bizarres comme la saga des Land ou comme ici, Donkey Kong Country 3, m'appellent encore et tous les ans, j'y reviens plus ou moins totalement.
Donkey Kong Country 3 est effectivement une bête étrange. Je le considère comme le plus mauvais de la trilogie originale sur Super Nintendo, et je pense que c'est un avis uniment partagé. Non que l'épisode n'ait pas ses attraits, ni ses qualités ; mais la comparaison lui est définitivement défavorable et à l'époque de sa sortie déjà, je le sentais.
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Il y a cependant quelque chose d'intrigant, pour moi ne serait-ce, dans l'ambiance pesante, menaçante, mystérieuse de cet épisode au regard des autres, davantage portés qui vers l'indolence, qui vers l'aventure. Il y a comme une atmosphère de fin de règne, de quelque chose qui a été, et qui ne sera jamais plus. Effectivement, puisqu'en 1996 sortait la Nintendo 64, et Super Mario 64 inaugurait un nouvel âge du média, qui dure encore aujourd'hui.
Il y avait, il y a aussi, quelque chose d'incertain dans DKC3, presque de fragile et de tendre, de faible. On sent la main qui tremble, on comprend la fatigue et de la fatigue, vraisemblablement, il devait y en avoir à l'époque chez RareWare, qui rivalisait d'ingéniosité pour la future console de Nintendo.
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Mais comme toutes les œuvres marquantes, je ne peux m'empêcher d'y penser. L'entêtant thème de la carte principale, qui m'effrayait un peu quand j'étais petit ; le design un peu plus brut, un peu moins cartoon des ennemis ; le décor plus européen, moins tropical et moins insulaire des jeux précédents ; tout cela a imprimé une marque profonde en moi, et encore maintenant je me sens tout meurtri de la flèche décochée.
De loin, c'est l'épisode que je refais le moins, mais à chaque fois, des sentiments neufs m'habitent. Il y a un inaccompli, un inachevé ou un arrêté que je pressens, et qui m'aspire comme m'aspirerait un gouffre. Je suis pris de vertige, et ne plonge jamais totalement ; mais j'entends les voix m'appeler, et je regarde toujours un peu, par prudence et par curiosité.
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