Hades II (2025, Supergiant Games)

Publié le par MathieuGoux

   Je raisonne souvent par obsession avec ce que j'aime, que ce soit pour la littérature, pour le cinéma ou comme ici, le jeu vidéo. Hades II a beau être sorti il y a un mois à peine dans sa version complète, j'y ai passé déjà presque 70 heures et encore, sans m'en lasser, ce qui est un miracle.

 

 

   Les dungeon crawler, ou encore les roguelike, souffrent avec d'autres de la menace de l'ennui. Sans doute, avec les beat'em all, c'est le genre vidéoludique qui peut le plus souffrir de la répétition inhérente du média tant le principe implique de refaire, ad libitum, les mêmes gestes, dans les mêmes lieux, face à des ennemis proches ou presque, pour espérer la fois prochaine aller un peu plus loin.

   J'en ai fait un certain nombre, dont Hades, le premier du nom, qui m'avait tenu en haleine presque cinquante heures je pense ; mais une fois l'histoire principale conclue, je n'ai pas voulu y revenir davantage, j'avais jugé en avoir fait assez. Pour Hades II, c'est étrange, je m'attendais à ce qu'il en soit de même ; mais finalement, je persiste, et ne lâcherai sans doute pas avant d'avoir percé les ultimes secrets.

   Ce qui a joué en sa faveur, c'est, je le présume, son histoire qui m'a davantage agrippé et interpellé, qui m'a davantage plu. Cette idée du retour du Titan Chronos, et la façon dont l'Olympe réagit ; Mélinoé la sorcière, que j'ai trouvée plus agréable à suivre et à contrôler que son frère Zagreus ; l'ambiance plus nocturne et fantomatique, au croisement des routes, au carrefour et aux interstices, que le Tartare du premier jeu.

   Car sinon, les qualités de ce dernier sont sans doute les mêmes que celles du précédent : une écriture très belle, que l'on suit avec plaisir ; une galerie de personnages truculents, que l'on apprend à connaître ; un système de jeu d'une belle profondeur, plus complexe encore, qui autorise énormément de variation dans la partition.

   Alors, sans doute un jour viendra l'ennui, un jour sans doute je laisserai la manette et irai ailleurs. Mais force est de reconnaître là la redoutable efficacité du processus, et l'agréable surprise de celui-ci : on a beau mettre qu'une demie-heure, tout au plus, pour faire une partie, j'y découvre toujours des interactions nouvelles, des personnages inédits, du changement. Il faut reconnaître là ce grand talent, partagé par les meilleurs, de toujours se renouveler des dizaines d'heures plus tard.

   On vit, tout de même, une époque extraordinaire, où les chefs d'œuvre sont accessibles facilement, où on n'a qu'à se pencher pour les trouver aisément. Je suis heureux de vivre dans un temps où Hades II et sa sensibilité existent, et où, je le crois, il permet de devenir meilleur : du moins, c'est ce que je vis en y jouant.

 

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