Orgazmo (1997, Trey Parker)

Publié le par MathieuGoux

   Nostalgie aidant, je reviens vers ce que je regardais il y a une trentaine d'années de ça, entre le collège et le lycée. Un hasard m'a fait me ressouvenir de ce film pour lequel je garde une grande sympathie.

 

 

   Les films et séries de Trey Parker et de Matt Stone, connus évidemment pour South Park, vont et viennent dans mon cœur. Pour cette dernière série, un peu comme pour les Simpson même si, je crois, la chute en qualité fut moins violente, j'ai du mal à y revenir ; j'ai grandi, et ce qui me faisait rire alors me fait moins rire aujourd'hui. Je regarde cependant toujours ça avec curiosité, voire tendresse.

   Pour Orgazmo, les choses sont sans doute différentes : je continue de le voir comme un bon film, voire un excellent représentant de l'humour de Trey Parker qui travaille surtout seul ici, même si son acolyte joue un figurant considérable. Même, je dirais qu'avec le temps, et avec l'explosion des films de super-héros, Orgazmo s'est bonifié.

   La parodie est un art compliqué, et rien ne vieillit plus vite que l'humour ; mais Orgazmo, au regard de South Park sans doute, évite cet écueil en ne s'enfilant pas aussi loin, ni aussi profondément, dans le grotesque. Il reste une origin story efficace, certes dans ce milieu bizarre de la pornographie, mais qui ne se prend jamais totalement au sérieux. Il est sincère, surtout, et à la relecture bien moins gênant que je ne le pressentais.

   Trey Parker tient aussi parfaitement son rôle, de ce missionnaire mormon qui se découvre une vocation super-héroïque, et même si des parallèles nombreux entre ces figures que j'adore tant et celle du Christ se font naturellement, jamais n'attire-t-on la lumière trop fortement sur eux. C'est adventice, c'est en chemin ; c'est sans y paraître, et c'était encore plutôt inédit.

   Ce qui a manqué à Orgazmo, outre une distribution plus franche comme la dimension pornographique est, pour ainsi dire, nulle, c'est peut-être une sortie plus tardive. Je crois très volontiers que ce film, donné au moment, mettons, du premier chapitre des Avengers aux côtés de Iron Man ou de Thor, aurait davantage trouvé son public et aurait su, sans doute, plaire davantage. 

   Il reste cependant, et à mes yeux encore, comme un bel exemple d'une esthétique qui se sera perdue depuis, d'une certaine façon de faire des films d'action et des films de genre. Son statut culte est, à présent, assuré, mais il est peut-être encore peu connu. Je pense que c'est un tort : et des trente ans après, je le trouve toujours aussi drôle.

 

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