Contes de la Bécasse (1883, Maupassant)
Je ne sais pas si Maupassant est encore bien connu des collégiens et des collégiennes ; mais j'ai comme l'impression d'avoir surtout lu de ses nouvelles en cours de français. J'y suis revenu, pour la première fois, adulte ; il y a encore un charme particulier à tout cela.
Je commençais mon article sur Boule de Suif un peu de la même façon, mais m'en voudra-t-on ? Je suis un enfant de l'école publique, et c'est elle qui m'a fait découvert des œuvres décisives, que mes parents n'auraient pas pu m'offrir. Et bizarrement, parmi les artistes que j'ai pu découvrir, c'est encore Maupassant que je retiens le plus. Peut-être, parce qu'à la faculté, on n'en a plus trop parlé, contrairement à Molière, à Racine, à Hugo ou Balzac ; je les associe donc plutôt à des lectures d'adulte.
Mais Maupassant reste encore quelque part dans le monde du joujou, comme prisonnier d'un univers que je ne regrette pas — je préfère largement ma liberté présente —, et incontestablement associé à des odeurs de pupitres et d'estrades, de craies, de trop longues journées et de trop longues vacances ; d'un très long ennui, que j'ai réussi un jour à tuer.
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Certaines histoires, par l'effet qu'elles firent, sont toujours restées en moi. "Aux champs", bien entendu ; mais également "Ce cochon de Morin" et "En mer", qui sont peut-être moins citées. Mais je puis vous assurer que lire ces histoires, quand on n'a que douze, treize, quinze ans, est une expérience inédite, quasi traumatisante. Je n'étais pas spécialement préservé des horreurs de ce monde, et je les voyais, à défaut de toujours les comprendre, dans les journaux télévisés, dans les documentaires, parfois dans la fiction.
Mais il y a quelque chose chez Maupassant, cette cisaille du style et cette distance, cette hauteur presque, qui me rendait les choses anatomiques et froides, bleuies par une évidence maladroite et désespérée. Je sais qu'on parle de "mouvement réalisme", et cela ne devrait pas nécessairement me surprendre : mais l'évidence me frappe toujours, et mes relectures n'y changent rien. On est comme toujours surpris du réel, peut-être parce que nous vivons beaucoup, de nos jours, par la fiction : parfois, on refuse d'y croire.
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Des nouvelles (février 2026)
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