Mithridate (1672, Racine)
Une tragédie racinienne, ma préférée, s'illustrait aux tout débuts de ce journal. Des quinze ans plus tard, je reviens au théâtre avec Mithridate qui est, et ce n'est pas une erreur, ma tragédie racinienne préférée.
La tragédie, disait notoirement Anouilh, c'est l'affaire des Rois. Cela, je le savais depuis longtemps, c'était dans mes notes de cours et dans les critiques que je lisais, mais je ne le comprenais, je crois, pas totalement. Au début, quand je découvrais Racine et la tragédie (ce qui n'est peut-être que la même chose pour moi), je voulais pleurer, et je pleurais ; et puis, en grandissant, je me surpris à réfléchir. C'est là où, notamment, Corneille revint à moi, via Cinna par exemple ; et Mithridate.
Bérénice a été un amour immédiat, dès sa première lecture, au collège, j'en tombais éperdument amoureux et aujourd'hui encore, je pense que la Reine de Judée demeure l'une de mes modèles favorites, celle vers laquelle je me tourne quand je dois choisir le juste et le bon. Mithridate a été plus long à me convaincre, il a fallu qu'il me courtise d'abord.
/image%2F0560266%2F20240204%2Fob_b7ffbe_mithridate-par-peyron.png)
Je pense, sans doute, que je ne comprenais pas vraiment pourquoi ledit Roi du Pont était le héros de la pièce, et pourquoi ce n'était pas Monime, pourquoi ce n'était pas Xipharès ; on me montrait le vieux Roi, je voulais les jeunes princes et les belles princesses. Et puis, la barbe se durcit sur mon menton ; et puis les responsabilités arrivèrent ; même, je me fis des ennemis, comme si j'avais du temps pour ça.
Tout à coup, Mithridate m'apparut plus proche, je le comprenais davantage. Plusieurs scènes me revinrent immédiatement en mémoire, la plus célèbre, sans doute, la plus polémique, est cet aveu arraché à Monime, le roi s'abaissant à un mensonge de comédie, à du Molière, ce qui fut assez reproché à l'auteur. Mithridate, à ce moment-là, n'était plus un Roi, à peine un bourgeois.
/image%2F0560266%2F20240204%2Fob_c1d3ff_sabine-devieilhe-michael-spyres-mitrid.jpg)
Et puis, l'épique revient ; les batailles, les sacrifices. L'empoisonnement qui échoue, comme on s'y était habitué à petites gouttes, la trahison militaire de son fils, la trahison sentimentale de son autre fils ; mais la victoire, finalement, dans la mort, et la grandeur et la puissance, nobles et absolues. Ce sont des thèmes qui me parlent à présent, moi qui ne suis pas Roi ; mais je comprends mieux l'image, je comprends mieux la leçon.
Bérénice est ma tragédie racinienne favorite, Mithridate est ma tragédie racinienne favorite. Il y a bien des choses qui les opposent, mais je les vois comme les deux faces de la même médaille. Ici, les événements décident ; là, nous décidons des événements. Dans un cas comme dans l'autre, il faut rester digne et honnête. Ce n'est pas toujours facile : mais il faut le chercher.
/image%2F0560266%2F20240204%2Fob_c48596_mithridate-c-jean-louis-fernandez-mith.jpg%3Fitok%3DuhomnNS1)
/image%2F0560266%2F20170303%2Fob_05875d_mystical-monks.png)

/image%2F0560266%2F20201028%2Fob_2a1481_ludo1.png)
/image%2F0560266%2F20201028%2Fob_221435_qdl.png)
Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
The Bizarre World of Fake Video Games (2025, Super Eyepatch Wolf)
Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
Walking Dead (2005-2020, Robert Kirkman et al.)
Commenter cet article