Roll the Bones (1991, Rush)

Parlons encore de rock progressif : cela faisait longtemps. Ces temps-ci, je me sens comme porté vers l'avant, j'ai comme envie d'évoluer, physiquement, moralement, éthiquement. Cela m'a alors donné envie de redécouvrir Roll the Bones, sans doute l'album le plus connu de Rush.
Sans doute plus connu que Camel, du moins, jouissant d'une carrière peut-être plus lumineuse, Rush fait partie de mes petits favoris. Je les avais découverts, jadis, avec Fly by Night et cette pochette extraordinaire, cette chouette qui m'ouvrait un monde de musique que je ne connaissais alors que peu, mais duquel je tombais immédiatement amoureux. En parcourant l'ensemble de la discographie du groupe cependant, je tombais sur Roll the Bones, et considérais, comme beaucoup, qu'il s'agissait là d'un chef d'œuvre.
Particulièrement, et sans surprise aucune, c'est la chanson titulaire qui m'agrippa immédiatement les oreilles. Le sens des paroles, qui m'échappèrent dans le détail mais que je compris un jour parfaitement, résonna maladroitement en moi ; et je me surpris même à apprendre quelques versets et à me les répéter à voix basse, comme des sortilèges secrets.

Le reste de l'album est à l'avenant cependant, et toutes les pistes me plurent : "Where's my thing" me fit lointainement penser à du Frank Zappa, comme n'en ayant pas l'air, "Heresy" parle autant de la chute d'un mur que de l'érection d'un autre, et les critiques font de cette chanson le pivot du style du groupe. Je pourrais continuer : mais j'ai bien peur de ne rien pouvoir dire d'original en vérité.
Dans mon panthéon personnel, Rush occupe une place particulière finalement. Je situe assez exactement sa découverte, lors de ma première année à l'Université ; mais c'est comme si, finalement, je les avais toujours connus. Quand je rencontre à nouveau une de leurs pistes, ou que j'en reparle, je suis comme étonné d'avoir un jour vécu sans les écoutés. Finalement, pourquoi est-ce arrivé ? Parce que c'est arrivé. Rien de plus, et rien de moins.
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