Z comme Zorglub / L'Ombre du Z (1961/1962, Greg & Franquin)
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J'ai eu parlé jadis de Spirou & Fantasio d'une part, de Greg et d'Achille Talon de l'autre. Je voulais cependant revenir un peu plus sur ce diptyque mettant en scène le plus truculent des antagonistes du groom, car il a été pour moi le premier, et il est pour moi encore le préféré.
Je crois me souvenir, mais ma mémoire est flottante, que L'Ombre du Z fut le premier album de Spirou que ma mère m'acheta, ce fut même peut-être le tout premier album de bandes-dessinées véritablement "à moi". Les autres, c'étaient ceux de mon frère, de mes parents, d'ailleurs encore : je les lisais moins que je les empruntais. Mais là, je pouvais enfin être le libraire, j'avais quelque chose. Les grandes collections souvent modestement commencent.
Aussi, on notera que c'est bien L'Ombre, et non Z comme que ma mère m'acheta : je lus et connus donc la seconde partie de cette dyade avant son introduction. C'est que jadis, on était limités par ce que les marchands avaient ; et si l'album n'était pas en rayon, on ne faisait rien de plus. C'était plusieurs mois plus tard, mon imagination avait patiemment reconstruit, entre temps, les choses. Je m'étais plus ou moins trompé, j'avais plus ou moins raison ; c'était comme ça.
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Je connaissais alors Spirou surtout de nom, et cet album, ces albums, étaient sans doute les meilleurs pour commencer. Il y avait là toute la clique et les lieux importants, Spirou, Fantastio, Spip, mais aussi le Marsupilami, le Comte, le village de Champignac ; la Palombie aussi, Zantafio et Zorglub. Quelque part, c'était une sorte de reader's digest de la série, du moins à ce stade-là du temps : et maintenant encore, il est difficile de ne pas lire ces histoires ainsi. Peut-être est-ce dû à l'influence de Greg, qui scénarisa l'ensemble.
Mais ces choses-là, que je connaissais peu, me plaisaient énormément. Que d'aventures, que l'on m'évoquait en passant, qu'il me fallait trouver ou imaginer : les Pirates du Silence et la dame-jeanne rempli du gaz qui endormit jadis une ville ; le Dictateur et le Champignon et la Mauvaise Tête, pour Zantafio et la Palombie ; on voyait la Turbotraction et le reste. Je croyais lire une histoire, j'entrais dans un tout autre monde.
Je me rends compte, aussi, à quel point ces histoires ont profondément marqué ma philosophie et à ma sensibilité, à quel point elles m'ont façonné, comme la langue d'un ours son ourson. Des thématiques et des scènes restent avec moi : le Comte de Champignac, qui déteste la violence, m'apprend qu'il faut parfois en faire usage face à certaines personnes, pour protéger ce qui doit l'être. La technologie est une force puissante, dont il faut se méfier. Tout le monde est sensible à la propagande. Les gendarmes suivent les ordres. La publicité est une menace.
On est plusieurs années avant mai 68 pourtant, mais déjà des choses semblent poindre. Les lectures politiques de ces deux albums sont nombreuses, dans un sens comme dans l'autre : j'en ai retenu, intuitivement peut-être jadis, une défiance généralisée pour les "bidules" et les formes d'autorité, pour les armées et le capitalisme. J'ai appris la rigueur morale, l'honnêteté absolue, mais aussi que les figures les plus menaçantes peuvent changer.
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Il est stupéfiant de voir encore que, des soixante ans plus tard, l'efficacité de ces histoires demeure. Plus encore que jamais, peut-être : l'endoctrinement massif par les médias de masse (ou les réseaux sociaux, dirait-on aujourd'hui), la menace portée par la technologie et la publicité, l'exploitation sans fin des populations paupérisées... On changerait bien ceci ou cela, mais on pourrait tout autant raconter la même histoire, et donner la même leçon, sans mal aucun.
J'ai beau avoir lu tous les albums de Spirou depuis, étendu mon champ d'horizon aussi loin que mon regard pouvait se porter, et plus encore ; j'ai beau avoir trente ans de plus ; je gravite encore, irrésistiblement, amoureusement, vers cette histoire d'un scientifique frustré qui veut prouver au monde son génie, d'une campagne publicitaire ratée et d'une autre, diabolique. J'y repense souvent. Je la relis parfois. Je m'en rappelle toujours.
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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
The Bizarre World of Fake Video Games (2025, Super Eyepatch Wolf)
Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
Walking Dead (2005-2020, Robert Kirkman et al.)
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