Claude François (1939-1978)

Publié le par MathieuGoux

   Je ne pensais pas écrire un jour un billet sur ce chanteur, qui ne fait pas partie de mes favoris, ni dans son genre, ni dans l'absolu. Les souvenirs, pourtant, m'y ramènent ; et cela est finalement cohérent avec l'évolution de ce journal qui fête, cette année, ses 15 ans.

 

 

   Initialement, je ne parlais ici que des choses que j'aimais, et promouvais parfois quelques travaux d'écriture. Progressivement, je mâtinais ces entrées de souvenirs personnels et d'anecdotes puisque je me suis construit, comme nous toutes et tous, par la culture que je rencontrais sur mon chemin, celle que je dénichais par accident, celle que je trouvais volontairement. Le temps allant, ces nostalgies dominent le reste : je vieillis, pour ainsi dire.

   Claude François sera toujours, pour moi, associé à feu ma grande-mère maternelle. Je ne la définirais pas vraiment comme une groupie, mais il y avait chez mes grands-parents une chambre entière, à l'étage, dédié au chanteur : on y trouvait de grands portraits, les disques, des coussins à son image, du parfum estampillé. Petit, j'en avais absolument peur. J'ai dû y dormir une ou deux fois : je cauchemardais.

   J'ai depuis appris qui était le chanteur, ce qu'il représentait, sa misogynie également, tout le reste. Mais est-ce par lâcheté, parce qu'on l'entend encore partout, par tendresse pour ma grande-mère, mais je reviens encore parfois à certaines chansons, notamment de la fin de sa carrière : les "Alexandri Alexandra", les "Magnolia for Ever", les "Cette année-là", et ce qui s'ensuit. Les paillettes, le disco, le reste.

   J'ai pu, jadis, en avoir honte. Je peux, encore, ne pas toujours l'avouer. Une part de moi cherche encore à rationaliser l'ensemble, une autre part n'y parvient toujours pas. Dans ce duel bizarre, je balance et ne sais pas toujours qui j'encourage. C'est une faiblesse, sans doute ; et sans doute me faudra-t-il la combattre ou la corriger.

 

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