Mickey Parade (1966-2023, divers)

Publié le par MathieuGoux

   En y repensant, je me rends compte que je lisais tout de même assez quand j'étais enfant. Certes, ce n'était pas de la littérature, ni des livres illustrés, mais de la bande dessinée : mais tout de même, et cela a contribué, je n'en ai nul doute, à mes goûts de lettres.

 

 

   J'ai déjà parlé de quelques revues que mes parents m'achetaient quand j'étais petit : Le Journal de Spirou et celui de Mickey, Pif & Hercule poche et Placid & Muzo poche ; voici donc venir Mickey Parade, qui n'était peut-être pas mon préféré mais que je lisais, pourtant et religieusement, chaque mois. Ma mère en avait même gardé certains de son enfance, c'était parmi les livres les plus vieux que j'avais lus alors : j'en étais ému, sans toutefois savoir pourquoi.

   Les numéros qui m'étaient contemporains, dans le courant des années 90, avaient cependant un tout autre style et, comme je l'appris depuis, appartenaient à l'école italienne de la souris et des canards les plus célèbres du monde. C'était résolument plus moderne que ce je voyais dans le Journal de Mickey ou même dans Picsou Magazine, plus rond, plus coloré, plus comic book. Même si je trouvais les histoires, souvent, moins intéressantes, le dessin me retenait davantage.

   Particulièrement, il y avait cette incarnation de Donald, "Fantomiald", qui me plaisait énormément, moi qui aimais déjà beaucoup Batman. On m'a offert récemment une incarnation plus moderne du personnage, "PowerDuck", qui semble se revendiquer davantage des Power Rangers : je suis heureux que la série continue, et même qu'elle devienne interstellaire. Je lis ça avec toujours un peu de curiosité, même si j'ai depuis trouvé mieux : il reste toujours quelque chose de l'enfance.

   Le journal avait effectivement beau s'appeler Mickey Parade, on trouvait surtout des histoires de canards, surtout de Donald d'ailleurs. Il y avait parfois un peu de Picsou et de Miss Tick mais, dans mes souvenirs et en feuilletant les quelques numéros que j'ai gardés dans ma bibliothèque, c'était surtout le plus malchanceux des neveux qu'on trouvait dans ces pages, à mon grand plaisir : même si Picsou demeure, de loin, mon héros favori de la clique, Donald est un proche second.

   Quant à la souris, elle apparaissait tout occasionnellement, presque jamais en fait. J'ai quelques souvenirs d'une histoire ou l'autre, où il est enlevé par des extraterrestres, comme ils le prennent pour une souris préhistorique ; d'autres mettant en scène Patibulaire ou le Fantôme Noir, un autre méchant plus ou moins oublié de l'écurie mais qui s'illustrait dans le journal. Je parlais de comic book plus haut, il y avait un peu de ça, comme si c'était un univers alternatif, une "Terre-2" où les choses n'étaient ni totalement les mêmes, ni totalement différentes.

   En parcourant le volume qu'on a tout récemment offert, j'ai retrouvé les mêmes postures, les même dessins, les mêmes couleurs. Peut-être la technique a-t-elle changé, je me doute que tout cela n'est plus fait à la plume ou au pinceau, mais sur ordinateur. Le papier n'a pas encore jauni. Quand je le mettrai dans ma bibliothèque, à côté des autres ; et quand un enfant ou un petit-enfant, par ennui, les prendra tous ; il y aura comme quelque chose qui continue, et qui a de la valeur.

 

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