Jurassic Park (1993, Steven Spielberg)
/image%2F0560266%2F20250302%2Fob_2ece74_jurassic-park-ver2-xlg-1266468010.jpg)
Comme le temps progresse, ne sachant faire autre chose, ce qui était d'une nouveauté folle devient nécessairement un mythe plus tard. Il en va du jeu vidéo, et il en va du cinéma comme ce sont des arts, par nature, industriels. J'ai vu Jurassic Park rentrer dans une légende presque mythique, maintenant qu'il a fêté ses trente ans.
Les histoires que je peux à présent raconter, à des enfants de trente ans mes cadets, prennent progressivement l'apparence de contes bizarres. Je leur parle d'un temps d'avant l'Internet, d'avant la téléphonie mobile ; Mitterrand, chez nous, était encore président ; on avait encore bien confiance en l'avenir, je leur assure que c'était le cas. En 1993, un monde se terminait ; et un autre arrivait en rugissant sur les écrans de cinéma.
Avec Jurassic Park, le cinéma populaire se réinventait une fois encore et Spielberg, comme à sa coutume, revenait aux origines, cette fois-ci non de son art, mais de nos connaissances. Jurassic Park était comme un mélange savant de ce que l'on connaissait des dinosaures — et, notamment, de leur avenir dans nos oiseaux —, et ce que l'on croyait pouvoir faire bientôt avec l'ADN et les molécules. La peur atomique avait laissé sa place à la peur biologique : Dolly, la brebis clonée, arriverait trois ans après.
/image%2F0560266%2F20250302%2Fob_6a01ed_jurassicpark6-867611491.jpg)
Cette croisée des fleuves, on la trouvait aussi dans la technique et dans le genre du film, entre les monstres de caoutchouc des années 1950 et les Godzillas d'alors, et l'action telle qu'Hollywood l'écrivait à coup de scènes d'action giganstesques, d'Aliens et de Terminator. On avait encore des animatronics et des marionnettes mais également, pour l'une des premières fois systématiquement, de l'imagerie de synthèse. Le T-Rex reste, encore maintenant, l'une des plus belles réussites du genre.
Le film, également, me faisait intensément peur. J'étais jeune à sa sortie, plus jeune que les recommandations officielles : mais on en parlait partout, j'étais, comme tous les enfants, passionné par les dinosaures, je ne pouvais que voir le film au cinéma. Je n'ai pas dormi pendant une semaine, je crois, tant je voyais des yeux reptiliens dans les moindres recoins de ma chambre.
/image%2F0560266%2F20250302%2Fob_29a59c_jurassicpark4-4165611652.jpg)
Des suites sont venues, bien entendu. Je n'en ai vraiment aimé aucune. Même le Monde Perdu, qui a ses moments ; même le premier Jurassic World, qui a encore une nostalgie sincère même s'il ne fait pas grand chose avec son matériau. Bien entendu, le souvenir d'enfance est d'une puissance incommensurable, et tout ne peut paraître que fade ; mais je crois qu'il y a davantage. Je pense, en toute sincérité, que Jurassic Park est l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma, dans son genre comme dans l'absolu.
Les mauvaises langues diront que le film n'aurait pas eu son succès sans la technologie qu'il exhibait. À cela, je répondrais : "bien entendu, comme c'est son propos même". La critique est nulle : le plus grand des films d'auteurs ne saurait exister sans la caméra ou le banc de montage, il faut toujours de la technique pour raconter l'histoire. Mais Jurassic Park, plus que les autres, a su l'utiliser avec brillance, pour raconter une autre histoire que ces dinosaures qui mangent des gens. Il nous dit aussi que l'imagerie de synthèse, la trois-dimensions, ne nous tuera point si nous savons garder notre humanité. Cela, les suites directes du film l'auront oublié. Et cela, en ce moment, nous semblons être sur le point de l'oublier.
/image%2F0560266%2F20250302%2Fob_005126_195qsh2sfds61-4121254423.jpg)
/image%2F0560266%2F20170303%2Fob_05875d_mystical-monks.png)

/image%2F0560266%2F20201028%2Fob_2a1481_ludo1.png)
/image%2F0560266%2F20201028%2Fob_221435_qdl.png)
Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
The Bizarre World of Fake Video Games (2025, Super Eyepatch Wolf)
Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
Walking Dead (2005-2020, Robert Kirkman et al.)
Commenter cet article