La Revue dessinée (2013 - en cours, divers)

Si je puis apprécier les dimensions purement esthétiques des œuvres culturelles, et si cet aspect participe pleinement du plaisir que je peux en ressentir, je ne peux faire l'impasse sur leur dimension politique. Traditionnellement, j'aime à ce que les deux soient entrelacées, indissociables ; mais il est également un grand plaisir que de se concentrer sur l'une, ou sur l'autre.
La Revue dessinée, parution trimestrielle de récente création, se consacre à l'actualité et à la politique, dans le sens noble du terme, soit à l'organisation de la polis, la cité. Il ne s'agit pas de dire que ces histoires, souvent longues au demeurant, ne brillent point par leurs qualités plastiques, au contraire : on y trouvera autant des styles renvoyant à ce que l'on pourrait appeler la "tradition de la ligne claire", dont Hergé s'était fait une spécialité, à des peintures plus complexes, qui à l'aquarelle, qui au fusain, chaque planche devenant alors comme une peinture dans laquelle l'on peut se perdre.
Ce sont cependant les sujets abordés qui condensent, dans la lecture que je puis avoir ne serait-ce, l'intérêt de ces séquences. Je parlais d'actualité : il y aura surtout de cela ici. Des événements politiques récents, français ou internationaux, des découvertes scientifiques ou sociales, ou encore des reportages d'investigation, tous ces sujets feront l'objet d'une histoire détaillée, souvent complétée d'un dossier de presse plus conventionnel qui prolongera les réflexions. L'on parlera ainsi de telle élection présidentielle ; de la construction d'un hôpital, et des partenariats public-privé ; de la guerre traversant l'Érythrée.

Si ces sujets sont des plus intéressants, dans la mesure où ils éclairent souvent d'une lumière neuve des événements connus et racontés ailleurs, et différemment, peut-être leur préféré-je les chroniques ou les moments plus historiques, se consacrant qui à un groupe de musique officiant dans les années 60, qui à un auteur ou une personnalité qui aura marqué son époque. Si j'ai parfois eu des réserves sur certains billets, par exemple ceux se consacrant à la langue que je trouvais, du fait de ma formation universitaire et professionnelle, bien trop prescriptivistes pour atteindre la nuance nécessaire à ce genre de sujet, ce fut et c'est encore une perpétuelle source de découvertes.
L'on pourra toujours se demander en quelle mesure le choix de ces représentations influence notre réception des sujets. La question, véritable, se pose néanmoins constamment et y compris au sein des journaux se targuant d'un certain objectivisme, ou d'une neutralité de point de vue, il est des inférences complexes, relatives qui au choix-même des objets traités, qui au choix de la langue employée pour ce faire, qui conditionnent notablement nos perceptions. Sans aller jusqu'à parler des "chiens de garde", ou de la "fabrication du consentement", l'honnêteté se doit d'être uniment répartie : admettre la partialité de cette revue, c'est également admettre la partialité de toutes les autres, tout au plus sera-t-elle davantage explicite ici qu'ailleurs.

L'on prendra donc, comme toujours lorsqu'est abordé un sujet, les précautions critiques nécessaires et ne pas superposer l'ensemble des faits actés, démontrables, mesurables, "scientifiques", des analyses et des points de vue, des choix, humainement et historiquement situés conditionnant notre panorama culturel et social. Ténue sera la frontière entre ces pays, et nulle science n'est totalement imperméable aux conditions sociales et politiques qui l'ont vu naître, nulle argumentation sensible se construit indépendamment de phénomènes indiscutables et acceptés par tous. C'est, je le crois, l'interdépendance constante de ces aspects, la main droite du scientifique et la main gauche de l'artiste, la note et la mélodie, qui non seulement compliquera toujours les discussions, mais leur donnera surtout leurs richesses.
Car observer un phénomène, c'est lui donner une importance ; c'est non seulement l'instituer dans tout un réseau complexe de causalités, plus ou moins constantes et inaliénables, mais également l'amener à la lumière du jour, interroger ce pourquoi il n'était auparavant nullement aperçu et étudié, ce qu'il remet en question quant à ce que l'on tenait pour vrai, acquis, possible et impossible. La Revue dessinée, empiriquement sans doute mais revendiquant paradoxalement ces aspects, participe de notre construction complexe du réel. Elle s'ajoute aux innombrables sources, voix, propositions, hypothèses, colorant le monde que nous appelons le nôtre : elle remplit un vide invisible jusqu'alors et interroge, autant qu'elle nous les apprend, les limites de nos perceptions.

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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
The Bizarre World of Fake Video Games (2025, Super Eyepatch Wolf)
Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
Walking Dead (2005-2020, Robert Kirkman et al.)
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