Naruto (1999 - 2014, Masashi Kishimoto)

J'avoue avoir hésité quelque peu avant de faire un billet sur Naruto. Il est, pour moi, comme ces amis d'enfance avec lesquels vous avez beaucoup traîné jadis, mais qui aujourd'hui vous font honte et que vous ne voyez plus que par accident. J'ai profondément aimé Naruto, je ne le cache plus ; et en bien comme en mal, il aura cependant marqué l'histoire du manga.
Lorsque Dragon Ball se termina - c'était avant son retour qui n'étonna personne, à dire vrai -, chacun guettait son successeur. Rapidement, One Piece s'imposa comme un candidat sérieux et plus de vingt ans plus tard, je suis convaincu qu'il s'agit là non seulement d'un thuriféraire méritant, mais qu'il dépasse même par endroit son maître. Pourtant, ce fut Naruto que l'histoire retint et qui jouit d'une popularité quasi identique à celle de Goku et de ses compères : et si cela ne fut pas immérité, je trouve néanmoins ses dernières années assez poussives ou, du moins, elles n'ont su me contenter autant que son commencement.
J'avais jadis connu Naruto par l'intermédiaire de son adaptation télévisuelle, et j'en étais alors grand amateur. L'animation, bien que chaotique parfois, savait être fort efficace aux moments idoines ; la musique était particulièrement bonne, excellente même par endroit ; l'histoire me tenait assez bien en haleine et, malgré il est vrai une tendance au résumé et à la saccade qui m'agaçait beaucoup, ménageait suffisamment bien son énergie pour plaire à l'adolescent que j'étais.

Progressivement cependant, je venais vers le manga qui ne faisait guère de compromis, et allait droit à l'essentiel : je me suis depuis émerveillé face aux grands moments de bravoure qu'offrait l'anime, tout en évitant les longueurs qui énervèrent même les plus grands amoureux. Mais également, le manga finit par me lasser, tant et si bien que je l'abandonnais avant de compléter, au kilomètre, ma lecture une fois l'annonce de l'ultime chapitre faite. Finalement, j'arrivais au même avis : une grande déception. La bonhomie, la fureur et l'intelligence des débuts progressivement s'étiolèrent : les combats se firent plus étranges, absurdes, illisibles. Les ennemis se perdaient en contre-attaque de contre-attaque et, finalement, l'ensemble se diluait dans un ensemble de règles complexes et dans un univers enflant comme une baudruche, sans jamais nous donner le bouquet final que l'on attendait.
Certes, Dragon Ball lui-même se perdait parfois, notamment lors de ses derniers arcs où le ton et l'humeur changeaient du tout au tout : mais il conservait néanmoins une tranquillité sereine, une force de la longueur qui permettait à chacun d'aller au-delà des ponctuels ennuis. Naruto, quant à lui, ne savait plus à un moment quoi dire et aurait dû s'arrêter, à mon goût, bien auparavant. Son ellipse, élément à présent attendu de ce genre de production, lui fut fatal et, en grossissant considérablement son propos, brisa les développements, les personnages qui au fur et à mesure prenaient de l'ampleur et étaient sincèrement agréables à observer.

Mais malgré ces gros défauts, et même si je ne peux me déclarer amoureux fou de Naruto, je ne peux me résoudre à le détester totalement. D'une part, il fait partie de mes passions adolescentes ; et quand bien même aurais-je depuis grandi, il a su m'intéresser et me plaire, et cultiver mon imaginaire, ma philosophie, ma vision du monde ; d'autre part, il a de véritables qualités, de narration, de dessin, de développement, qui méritent que l'on s'y attarde. Simplement, on en profitera peut-être davantage grâce à une anthologie, ou une compilation bien faite, qu'en se faisant un point d'honneur de tout lire, de tout voir, jusqu'à la nausée.
De Naruto alors, je retiens quelques morceaux de bravoure : un combat contre Zabuza, le cycle de l'examen, le combat contre Pain. Le duel final, promis de longue date mais qui ne m'intéressait plus, est judicieusement remplacé dans mes souvenirs par le premier, qui marque le début de la fin et l'annonce de l'ellipse dont je parlai plus haut ; une mythologie ancienne peut-être, et un mystère entourant un meurtrier, à nouveau dont la réponse ne me satisfit guère. Rien que pour cela, il méritait bien un petit mot ici ; mais je n'y reviendrai, sinon, jamais plus.

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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
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Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
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Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
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