Tetris (1984, Alekseï Pajitnov)

Pendant plusieurs années, force était à parier que Tetris était le jeu le plus connu de toute l'histoire de ce jeune média. On le trouvait partout, sur tous les micros, toutes les consoles, les calculatrices et les oscilloscopes : invisible et omniprésent. Sa force, aujourd'hui, est sans doute moindre, plutôt, elle est peu visible ; il ne suffit d'un rien, pourtant, pour revenir dans la Tetris Mania.
Je laisse aux historiens, à Grospixels par exemple, le soin de présenter en détail la rocambolesque aventure que fut Tetris, développé en URSS, importé au-delà du rideau de fer, les combats liés qui au copyright, qui à la paternité du jeu : mon propos, comme toujours dans ce journal, sera intimement personnel. Comme beaucoup de ma génération, j'ai connu ce casse-tête dans sa version NES, sans doute encore l'une des plus populaires avec celle sur Game Boy. Je m'en souviens encore : l'on ne possédait point la cartouche, mais ma famille la louait chez un vidéo-club de notre fréquentation, le temps d'un WE ou de quelques jours, et je jouais, avec mon frère, des heures durant sans m'en lasser.
Je n'allais guère loin, bien entendu, dès que la vitesse s'emportait, mes réflexes puérils ne parvenaient point à suivre. Mais il était un hypnotisme, entre ces musiques venues du froid, ces bruitages simplexes, cette linéarité et cette technicité étranges, qui raisonnaient profondément en moi. J'ai, depuis, multiplié mes rencontres avec le concept, ai exploré d'autres variations majeures, du Tetris Grand Master au Tetris Battle Gaiden en passant par la version DS, sans doute le dernier numéro d'envergure auquel je me serai frotté, sans vraiment m'en lasser.

Comme je le dis occasionnellement, la simplicité n'est jamais décevante : et Tetris, de nombre, est sans doute aucun l'un des jeux vidéo les plus simples de la création. Son principe est immédiat, sa maniabilité évidente ; il est, toutes choses égales par ailleurs, peu de stratégie ou de principes supplémentaires, du moins sans sa version originale, l'ensemble étant surtout laissé à la discrétion, à l'intelligence et aux réflexes du joueur.
Parfois, je me demande si ma manie de tout ranger, de tout classer, mon activité de chercheur même, n'émane pas de ce contact primitif avec Tetris. Il est effectivement et toujours chez moi cette envie d'organiser étagères et bibliothèques, mon bureau, de façon à ne laisser aucun espace, à avoir le classement le plus efficace possible : et rien ne m'est plus agréable, mes meilleurs amis peuvent en témoigner, que d'affronter un débarras depuis longtemps laissé à l'abandon par ses propriétaires et ne le quitter qu'une fois l'ordre fait.

Tetris n'est sans doute jamais que ça pour moi, qu'une sorte d'amusement sans conséquence de ce que je fais pourtant quotidiennement. C'est une métaphore distraite, un passe-temps ironiquement signifiant : le seul casse-tête auquel je reviens toujours surtout.
J'ai depuis tenté Puyo-Puyo, j'ai depuis tenté Panel de Pon ; telle ou telle curiosité, qui n'a connu qu'une seule itération, m'amuse pendant un temps mais peine à devenir pour moi un classique. Tetris, par sa rigueur peut-être, sa clarté, sa tranquillité, reste en moi et j'y reviens de loin en loin, lorsque tout est chez moi rangé et que j'ai encore besoin, dans le creux de ma main, de trouver une ordonnance explicite à mon existence.

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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
The Bizarre World of Fake Video Games (2025, Super Eyepatch Wolf)
Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
Walking Dead (2005-2020, Robert Kirkman et al.)
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