Constantine (2005, Francis Lawrence)
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Il est toujours surprenant de voir qu'une œuvre, un film, un livre, un jeu, gagne avec le temps de l'importance dans son panthéon personnel. De Constantine, je n'avais que de vagues souvenirs jusqu'alors, je l'avais vu jadis à sa sortie ; mais sa revisite récente a comme réactivé des choses enfouies dans mon âme, et mon regard sur lui a changé.
Je ne connais pas trop Hellblazer, le comics dont est issu ce film. J'en avais jadis parcouru quelques pages, qui m'avaient plutôt plu, mais je m'en détournais alors. Constantine, heureusement pour moi, ne reprend que très lointainement cette mythologie : le nom d'un personnage et un concept général, celui d'une guerre larvée que se livrent Dieu et le Diable sur terre. Les symboles chrétiens, catholiques surtout, d'être alors travaillés comme on l'aura vu qui dans la littérature, qui dans la BD ou le jeu vidéo ; l'intrigue reprend cette imagerie de la Sainte Lance et d'une sorte de récit eschatologique, le cataclysme étant heureusement évité grâce à la sagacité de John Constantine, enquêteur et exorciste de l'extrême.
L'intrigue, assez convenue pour qui a déjà parcouru ce type d'histoire, est ici plutôt poussive, mal racontée à mon goût ; cela, même mon dernier visionnage ne peut le contredire. Les personnages versent dans la caricature, Shia LaBeouf est agaçant le peu de temps qu'il apparaît à l'écran ; tout au plus retiendrai-je Tilda Swinton, qui campe un Gabriel troublant et troublante, et Peter Stormare, qui cabotine drôlement son Lucifer. Les scènes d'action sont plutôt rigolotes ; mais rien de plus. Il a manqué ce que Matrix faisait tellement bien, un peu de critique sociale, un peu de dérision, un peu de recul ; mais même avec ça, je ne suis pas convaincu que le film eût été mieux réussi.
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Mais quelque part, il en va pour moi de Constantine comme il en va des Profs, du moins, dans la façon dont je les considère : des éléments brillants sont là, mais la jointure ne parvient pas à se faire. Évidemment, Keanu Reeves de peser dans la balance, tant je ne suis point insensible à sa sympathie naturelle ; évidemment, j'ai comme une mollesse de cœur pour tout ce qui regarde la mythologie catholique, tant je trouve la "légende dorée" fascinante ; évidemment, ces idées de rédemption et de grâce efficace me parlent, tant mon parcours classique, et mon amour de la littérature du temps, n'a jamais traité que de cette question.
Finalement, là où Constantine réussit, c'est dans quelques vignettes, dans quelques saynètes touchées, des pastilles nous donnant une porte d'entrée intrigante dans l'univers ; il échoue dans son histoire générale, cette "lance du destin" qui ouvre l'intrigue et qui la clôt, mais sans jamais véritablement parvenir à lier l'appareil de la narration. Sans doute aurait-on dû en faire quelque chose à la Sin City, proposer une anthologie d'intrigues liées par les personnages ou les lieux, et non par l'histoire. Quelque part, c'est déjà le cas, malgré toutes les bonnes volontés des auteurs et des autrices du film ; et le prendre ainsi, c'est mieux l'apprécier.
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Doit-on pourtant se ruer sur Constantine, est-ce une perle méconnue de son genre, de son sous-genre, de son acteur, de son actrice principale ? Loin de là. Le réalisateur a sans doute raison quand il évoque un statut "culte" à son travail, il me semble effectivement que son nom résonne davantage maintenant que jadis : mais je présume qu'il s'agit là moins d'une redécouverte que d'un effet de nostalgie, qui comme pour moi a trié le bon grain de l'ivraie, a conservé le bon et éliminé le mauvais, se tait au moment idoine et rigole ailleurs.
Il doit y avoir une catégorie particulière pour ces choses-là, pour ces œuvres dont le temps arase les aspérités pour ne garder qu'une douceur factice, mais agréable néanmoins. Les défauts existent encore, on n'a peine à les trouver ; ils perdent leur importance, plus que les qualités ne grandissent. C'est une merveille me concernant ; et Constantine en cela m'a fasciné.
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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
The Bizarre World of Fake Video Games (2025, Super Eyepatch Wolf)
Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
Walking Dead (2005-2020, Robert Kirkman et al.)
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