The Grand Budapest Hotel (2014, Wes Anderson)
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Je connais peu la filmographie de Wes Anderson. Je connais surtout son style, parodié et cité surtout, ces couleurs vives et écarlates, cette ambiance irréelle qui fait interroger ce qui nous entoure. The Grand Budapest Hotel est le seul film du réalisateur que je vis au cinéma : je ne l'oublierai jamais.
J'ai toujours aimé les intrigues à tiroir et les matriochkas narratives, ces histoires racontées par un témoin, qui les raconte à un autre, qui les récite dans un livre, qui en fait un autre film. L'art de la reprise, du résumé, du récit de deuxième main : tout cela me plaît, peut-être parce que mon travail de recherche, en diachronie, consiste surtout à commenter ce que d'autres ont écrit. Il y a sans doute de la déformation professionnelle ici.
The Grand Budapest Hotel nous plonge intelligemment dans cet univers, par paliers successifs. Une jeune femme se recueille sur une tombe, puis lit un roman ; ce roman est écrit par un auteur d'un certain âge ; il se rappelle, des années auparavant, sa rencontre avec un vieil original ; il lui raconte lui-même une aventure de ses jeunes années. Puis, au fur et à mesure, les portes se referment et nous revenons au plan original.
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Cette histoire d'héritage et de vieille race du début du vingtième siècle, qui verra naître les tentations autocratiques, les négociations d'avocat, les meurtres dans les musées et les prisons-mouroirs, a ce goût inimitable de la grande aventure, du roman picaresque par endroit, que j'aimais tellement petit, que j'aime encore même si je les parcours moins. L'hôtel lui-même, bâtisse extraordinaire aux multiples niveaux, est un personnage à part entière, qui veille et protège ses défendeurs, perd et détruit ses assaillants. Il n'est pas anodin qu'il donne son titre au film, alors qu'on passera, finalement, davantage de temps en-dehors qu'en-dedans.
Et puis, il y a cette galerie fascinante d'humains, de Ralph Fiennes en Monsieur Gustave, Willem Dafoe en tueur à gages, Jeff Goldblum en avocat sérieux. Les acteurs et les actrices sont excellentes, évidemment ; mais leur jeu et leur présence, leur retenue comme leur exubérance, les transforment en figure mythologique qui ont peut-être existé, qui peut-être n'ont jamais existé. Quelle importance.
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L'important, c'est encore ces séquences magistralement conduites, d'une fuite à ski sous une tempête blanche ; la course-poursuite dans un musée qui rappelle incontestablement Tintin ; la découverte de l'hôtel, de ses étages et de ses pavillons ; toute la scène du testament, qui m'a fait évidemment penser à Agatha Christie. Le film se revendique de Stefan Zweig, et il y a sans doute de cela, un peu du Joueur d'échecs, un peu du Monde d'hier, mais il y a davantage.
Il s'agit, de loin, d'un de mes films favoris. Il y a une authenticité étrange qui perce sous ce canevas bigarré, sous ces jeux de l'ancien régime, sous ces motivations très éloignées de nos quotidiens. Il y a la tranquillité de la vérité et du réel, lorsque deux amants se retrouvent, lorsque des amis se déclarent. Il y a la vie, et la nostalgie d'un monde que je n'ai jamais connu.
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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
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Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
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