Benny Golson (né en 1929)

Publié le par GouxMathieu

   J'ai lu sur une affiche, quelque part, que le jazz était "la musique classique du vingtième siècle". Je ne peux que me ranger à cet avis éclairé ; si j'ai d'immenses lacunes touchant les grands compositeurs, je puis me dire plus connaisseur des choses du jazz.

 

 

 

   Je ne saurai dire précisément mon premier contact avec le jazz, avec Miles Davis, Louis Armstrong ou Benny Golson. Je me représente plus volontiers le jazz comme une vapeur, comme une atmosphère qui voyage, de ville en ville, de bourg en bourg, et qui imprègne les cœurs et les âmes de son odeur particulière. Le blues est la musique des esclaves, c'est une plainte qui sourd du sol ; le rock'n roll est la musique de la révolte, elle vous tranche le flanc comme une rafale violente ; le jazz me semble bien plus aérien.

   De là, je pense volontiers que tout un chacun, quels que soient son origine, ses goûts, son éducation, connaît le jazz et sa couleur. On peut ne pas l'aimer ; on peut être hermétique à sa trompette, à ses cuivres, à ses pianos de velours ; on peut rejeter volontiers l'expérimental et le "libre" ; mais je n'hésiterais pas à appeler "menteur" celui qui, en lisant ces lignes, n'aurait pas une vague idée de la musique dont je parle.

   Parmi toutes ces figures, celles que je viens de citer et d'autres, bien entendu, plus célèbres et reconnues encore, je me choisis cependant Benny Golson. Pour plusieurs raisons, sans doute : la plus évidente, peut-être, c'est que cet artiste de renom est encore en vie et se prête encore aux jeux des tournées, des concerts, des enregistrements divers.

   Ensuite, pour son album Gettin' with It et, surtout, son interprétation du morceau "April in Paris" dans laquelle je me suis perdu, absolument, totalement, passionnément, des nuits durant, une cigarette à la bouche, un verre de vin à la main, le soir tombant. 

   Enfin, pour sa maîtrise du saxophone, instrument rapidement galvaudé - comme d'autres, dont l'accordéon - auquel il donne toute sa noblesse et toute sa dignité.

   D'année en année, Benny Golson est devenu l'un de mes artistes favoris. Loin de la révolution des Beatles, loin de la hargne d'un Renaud, la poésie de Benny Golson, la poésie du jazz, m'habite souvent. Elle m'est devenue une respiration nécessaire et emplit mes poumons.

   J'ai toujours espoir qu'elle me rendra meilleur.

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