Whose Line Is It Anyway? (1988 - en cours, divers)

Publié le par GouxMathieu

   Je ne suis pas un grand amateur de télévision. Je l'ai été, plus jeune, avec assiduité ; le temps passant, je m'en suis détourné, ne trouvant pas sur les ondes ce que je recherchais. Et puis, l'âge d'Internet m'a permis de m'ouvrir à d'autres émissions, notamment anglo-saxonnes, ma connaissance de la langue augmentant. C'est alors que je tombais amoureux de Whose Line Is It Anyway?

 

   Il est curieux que ce concept, initialement né sur la radio britannique et exporté depuis aux États-Unis et ailleurs, ne soit jamais arrivé en France, du moins, je n'en ai nulle connaissance. Le principe est simple : une forme de jeu télévisé, "where everything's made up and the points don't matter" ("où tout est inventé et où les points ne comptent pas") et où quatre comédiens de théâtre s'affrontent au gré d'épreuves diverses. L'intelligence de la chose, c'est que tout est improvisé, ou presque : les acteurs se font une spécialité de ce genre périlleux de comédie, et les situations, parfois écrites à l'avance, parfois soufflées par le public, leur sont dissimulées jusqu'au dernier moment.

   Il est alors fascinant de voir leur célérité d'esprit, leur répartie, leur goût de la parodie, de la référence choisie, voire également leur talent de chanteurs, de mime, d'imagination, dans toute une tradition du cabaret ou du music-hall que j'aime tant, avec ce flegme parfois "so british" qui transpire souvent de leurs interventions.

   En effet, si le show est né au Royaume-Uni, c'est réellement la version américaine, présentée par Drew Carrey et repris, depuis, par Aisha Tyler, que je retiendrai. La distribution, tout d'abord : il est deux "réguliers", Ryan Stiles et Colin Mochrie, rejoints ensuite régulièrement par Wayne Brady, Greg Proops ou Brad Sherwood. On eut même le plaisir de voir apparaître des "guests" se prêtant au jeu, Whoopy Goldberg ou Robin Williams : fort est à parier que cela les renvoya à leurs primes années, avant que le succès ne frappe.

   Au fur et à mesure et malgré les nombreux rôles qu'ils incarnèrent, leurs personnalités se dessinèrent et on se prit alors à les connaître comme de vieux amis : Ryan, cynique et sarcastique, n'hésitant pas à se moquer de tout ; Colin, parfois perdu et se servant de son statut de doyen du groupe ; Wayne, au rire facile et au beau filet de voix... Chassons le naturel, le caractère revient au galop.

   Les jeux inventés, les situations proposées, n'ont d'égal que le talent des participants. Mes préférés sont encore ceux ou l'un d'entre eux doit deviner le personnage joué par les autres, fût-il un homme qui se change progressivement en perroquet, un oncle ayant trop bu et qui humilie sa nièce à son mariage, un James Brown ayant des troubles de digestion. L'on citera encore le jeu des "super-héros improbables" résolvant des crises imbéciles, le doublage de film in vivo ou le "hoedown", où il faut improviser des rimes et des strophes entières à partir d'une situation initiale.

   Scenes From a Hat représente sans doute la quintessence du jeu. Une idée proposée par les spectateurs, et choisie au hasard d'un chapeau : et une blague, une ligne, une remarque drôle d'en ressortir. "Things you can say to your dog, but not your girlfriend", "If celebrities walked on the moon", "Phrases that will certainly start a fight"... Peu sont ceux, sans doute, qui peuvent triompher de cette épreuve du feu : et cela rend l'ensemble on ne peut plus délicieux.

   Comme l'on s'en doute, il convient d'avoir une bonne connaissance de la langue anglaise pour apprécier les jeux de mots, références, accents : mais je puis dire que je n'ai jamais autant ri devant une émission qu'ici.

   Et n'oubliez pas : it's time for a hoedown!

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