Asia (1982, Asia)

Parfois, les étoiles s'alignent magiquement. Des personnes se rencontrent, s'associent et produisent un miracle qui ne pourra jamais être parfaitement reproduit. Asia, du groupe du même nom, est sans doute de ceux-là : tout concordait à faire un chef d'œuvre, et rien ne permit, ensuite, de le reconduire parfaitement.
J'ai connu Asia par étapes, si l'on peut dire. Je connaissais, comme tout le monde sans doute, leurs plus grands succès critiques et populaires, "Heat of the Moment" et "Sole Survivor" notamment ; ensuite, lorsque j'explorais jadis plus de pages d'encyclopédie que je ne l'avouerai jamais pour trouver de nouvelles choses, je compris qu'il s'agissait d'un "supergroup", constitué d'anciens de Buggles, de Yes, de King Crimson, d'ELP, groupes que je connaissais déjà et que j'adorais plus que tout ; enfin, par la couverture de l'album qui représente, pour moi, la quintessence de ce qu'on a depuis appelé le "prog rock".
Je n'ai point de tourne-disques chez moi ; mais si je trouve un jour ce 33 tours, sans doute aucun l'achèterais-je, pour le seul plaisir des yeux. Comment rester de marbre face à ce serpent, à ce dragon des eaux, soulevant des tsunamis et invoquant une sphère d'argent des tréfonds des abysses, peut-être venue d'une ancienne Atlantide ou du continent perdu de Mu ? L'art de la couverture me plaît beaucoup, je la juge indépendamment, ou en accord avec sa musique : et Asia est sublime, et son dessin a participé activement à mon bon plaisir.

Des qualités, j'en vois beaucoup dans cet album qui a fait date dans l'histoire de son genre. On dit le rock progressif souvent abscons, difficile d'accès ; cet album est sans doute la porte d'entrée la plus douce que l'on peut imaginer. On a souvent des pistes longues, bien longues, durant dix, vingt, trente minutes voire davantage, ce sont des épopées mises en musique : ici, on ne dépassera point les cinq, et la réécoute se fait donc tranquille. On prête souvent aux musiciens une maestria, une technicité effrayant les profanes : si talent il y a ici, il est comme évident et paisible, allant toujours de soi et ne sacrifie jamais le plaisir à l'ouvrage.
Si j'écoute de la musique venue de tout horizon, de France, d'Espagne, d'Australie ou d'ailleurs, le rock britannique, des Beatles à Arctic Monkeys, a toujours fait vibrer en moi une corde particulièrement sensible. Chose des plus délicates à définir, à dire vrai : je suppose qu'il y a là et une partie d'innée, mon cœur reconnaissant les pulsations suaves de ces artistes, et une part d'acquis, mon oreille s'habituant et se réhabituant à ces chansons que mon voisin d'alors, lorsque j'étais étudiant, me faisaient découvrir passionnément.

Asia est néanmoins, et me concernant ne serait-ce, qu'un magister dixit qui ne sera jamais parfaitement reproduit. Même sans prendre en compte le succès populaire : même si Alpha, le subséquent, vit encore de l'écho de ce premier album, je me dégageais de tout cela dès Astra et les productions des plus récentes, Silent Nation comme Gravitas, ne parvinrent jamais totalement à disperser en moi la poussière d'étoiles qui me plut jadis. J'apprécie encore et toujours leurs couvertures cependant, ce génie-là n'a jamais été totalement perdu : mais la musique, quant à elle, s'aplanit et se terrassa conséquemment.
Il en va sans doute toujours, et quelque part, des "super groupes" : je n'aime Cream que pour Disraeli Gears, Temple of the Dog est son unique définition ; et Asia est Asia, malgré tous les efforts, les tentatives, les volontés ultérieures. Dommage, diront les amateurs : tant mieux, je murmure. Il n'y a pas toujours du mérite à la répétition, quand bien même aimerais-je toujours les reprises et la refonte d'amour : et l'unique a du bon, comme on le verra ici.
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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
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Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
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Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
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