Mechanical Animals (1997, Marylin Manson)

Publié le par GouxMathieu

   Je ne saurais précisément situer où et quand je découvris Marylin Manson, le groupe, et Marylin Manson, l'artiste. Quelque part à l'adolescence je présume, où lors de mes jeunes années d'adulte, pendant ma découverte du rock'n roll et du métal. Avant Dio, je pense ; mais après Magma. C'est cependant avec cet album que je restais, et même si je n'y viens pas plus souvent qu'ailleurs, je ne le regrette jamais.

 

   Certes ; j'ai toujours eu la conviction qu'écrire, ce n'était jamais que répéter toujours la même chose, tout en variant la voix. Je le répète alors, d'une autre façon : mais entre tout, c'est le clair-obscur, le sucré-salé, le médiocre que j'aime plus que tout, en art tout du moins. La politique, qui n'est jamais que la même chose, a d'autres ambitions : mais s'il s'agit de parler du beau, alors qu'on m'offre la charogne, le ptyx et l'impair.

   J'étais donc comme prédisposé, programmé et automatisé presque, à aimer Marylin Manson. Sa voix discordante et mélangeante, qui me rappelait tantôt Alice Cooper, tantôt Captain Beefheart ; son imaginaire où les corps masculins et féminins se superposent, la fragile vibration de ses paroles, son goût pour le grotesque et le bizarre ; tout cela était comme une prolongation de mes propres fascinations.

   Je me souviens également de ce documentaire, Bowling for Columbine, où il s'exprime avec une intelligence et une pertinence rare. Le chantre de l'irrévérence, qui sans doute joue de son image sulfureuse pour faire parler de lui ("il n'a pas de mauvaise publicité", entend-on dire encore), est étrangement réfléchi, étrangement tranquille. Il y a du dandy, sans doute, dans Marylin Manson, du Wilde ou de Vaquette ; il y a la continuation d'une esthétique désabusée qui ne vire cependant jamais au nihilisme. On ne détruit pas pour détruire, mais pour reconstruire ensuite, exercice bien plus intéressant que les cyniques qui dégueulassent les écrans et les feuilles d'aujourd'hui.

   Mechanical Animals, toute entrée est-il dans cet univers, est peut-être le plus accessible, sans doute l'un des plus connus : "Rock is dead", "I don't like the drugs", "Posthuman", qui demeure ma favorite sur cet album en particulier, ont régulièrement tourné sur mes platines. Plus rapidement que d'autres cependant, cités et citées ici comme ailleurs, le timbre finit toujours par me lasser, je ne peux dépasser la journée sans avoir envie de respirer de nouveau. Mais comme l'asphyxie fut envoûtante ! Et comme il me tarde de revenir au crépuscule, après m'être saoulé de lumière et de feu.

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