Les Femmes en blanc (1986 - en cours, Cauvin & Bercovici)
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Parmi les bandes dessinées de mon enfance, de celles que je suivais quand j'étais petit, Les Femmes en blanc furent les premières dont je me rappelle véritablement acheter un album de compilation, après les avoir suivies dans Le Journal de Spirou. Les relisant, le ton me semble évoluer, en mieux cependant.
Du journal lui-même, ou du scénariste, j'ai déjà parlé, bien qu'il me faille revenir un jour plus précisément sur ce premier. En revanche, je ne crois pas avoir évoqué en long Philippe Bercovici, l'un des dessinateurs que j'associe le mieux à cette prime période de découverte du neuvième art tant il était, à l'égal du Franquin de jadis, omniprésent dans l'hebdomadaire d'alors. Le vice fut même poussé, fût un temps, à ce qu'il dessine l'intégralité d'un numéro, la rédaction prétextant qu'un mal mystérieux avait frappé toute la joyeuse équipe, à l'exception du brave Bercovici dont l'efficacité et la vitesse de travail était devenu proverbiale.
Il en va effectivement de son style, toutes proportions gardées, comme il en va de celui de Reiser, cette impression d'immédiateté, de "dégueulasserie" diront certains, qui confère une incertitude bien éloignée de la ligne claire d'Hergé et de ses thuriféraires. Les lignes sont rarement droites, les habits sont froissés, les personnages se dégingandent et s'amollissent comme des poupées de chiffon, et cela étonne au regard de la froideur hospitalière que l'on représente ici.
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Les Femmes en blanc font effectivement à l'hôpital ce que Les Profs, mettons, faisaient à l'école : des vignettes plutôt courtes, parfois plus longues, sur la vie hospitalière et notamment le quotidien des infirmières au contact des patientes et patients, au contact des docteurs. Il est drôle de se dire, du moins je m'en suis aperçu en le relisant, qu'il s'agit là d'une des rares séries franco-belges, à ma connaissance, où il est plus de femmes que d'hommes, quand bien même seraient-elles rarement nommées ou individualisées, quand bien même seraient-elles interchangeables : c'est à noter.
Il est aussi intéressant de voir que progressivement, la série devient de plus en plus réaliste, du moins, suit plus régulièrement les avancées médicales de son temps. Occasionnellement, quelque chose de plus fantasmagorique apparaît : mais le temps avançant, des astérisques suivis d'une référence à un journal ou une revue médicale, ou d'un simple "Authentique" apparaissent ; on nous parle d'opérations nouvelles, de médicaments révolutionnaires, de traitements innovants. La force documentaire de Raoul Cauvin est réelle, et on aurait tort de la balayer tant elle fait le charme de cette série.
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Car il ne s'agit pas ici seulement de présenter un quotidien pittoresque, une étrangeté blanche dissimulée derrière les portes désinfectées d'un hôpital ou d'une clinique. Alors que Les Profs n'abordaient qu'en mode mineur la politique ou le social, Les Femmes en blanc mettent les pieds dans le plat. On les voit houspillées et harassées par des médecins - surtout des hommes - orgueilleux et méchants ; s'évanouissant de fatigue ; jonglant très difficilement entre vie professionnelle et vie de famille ; se lamentant de leurs paies ridicules ; parfois, on les voit même retarder les soins du ministre ou du député de passage, histoire de lui faire comprendre l'intérêt premier d'avoir un système de santé robuste.
Cela m'a frappé en relisant certains albums, tant et si bien que je m'étonne que la rédaction du journal, que l'éditeur Dupuis, ait laissé ça en l'état : mes yeux d'enfants avaient parfaitement intégré ces idées, que ces infirmières étaient exploitées, dévouées et nécessaires, mais non reconnues à leur juste valeur ; que les gardes étaient longues ; que les patients étaient méchants, mais qu'il ne fallait pas leur en vouloir ; que les médecins étaient odieux, et qu'il n'en avait pas le droit ; pour peu, j'étais déjà syndiqué avant même de savoir ce qu'était la lutte.
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Les Femmes en blanc sont en réalité souvent des "femmes en rouge", qu'il s'agisse d'un rouge sang, ou d'un rouge de combat ; et entre une conférence sur les morsures de vaches enragées* ou une greffe révolutionnaire de la rotule* (*authentiques !), on les voit discuter, autour d'un café, de la dernière réforme gouvernementale, ou convaincre la collègue de ne pas se laisser faire par son mari et de lui dire entre quatre-z-yeux ce qu'elle pense.
Les Femmes en blanc est une curiosité agréable, quelque chose que j'aurais rarement vu dans la BD "gros nez". Du style tout en nervosité de son dessinateur à la militance des histoires, tout ça au milieu d'une vulgarisation médicale, la série est peu connue, ce me semble, peu considérée, regardée, comme souvent avec les travaux de Cauvin, avec dédain. Je trouve ça dommage, et vous le redis : il y a davantage dans ces histoires drôles qu'un jeu de mots terrible, ou d'une grimace de guignol.
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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
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Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
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