Goldeneye 007 (1997, RareWare)

Publié le par GouxMathieu

   Les jeux de tir "à la première personne", ce qu'on appelait jadis doom-like, ce qu'on nomme aujourd'hui FPS, ne m'ont jamais franchement attiré, à quelques exceptions près. Il faut un chef d'œuvre pour me faire venir, et me faire rester : Goldeneye 007 le sera volontiers.

 

   Une fois encore, nul ne m'est besoin de revenir sur la réputation de ce jeu qui a durablement marqué et son genre, et l'histoire du jeu vidéo lui-même. Projet étrange, adaptation d'un film vieux de deux années déjà à l'époque, avec un mode "multi-joueurs" rajouté à la va-vite et qui, pourtant, étonnera tout le monde, ce jeu est un accident fait brillance, l'hapax qui plus jamais n'apparaîtra. Les bonnes fées se sont penchées sur ce berceau, et ont tout béni sans même s'en rendre compte.

   Je ne pense point mentir en disant qu'il s'agit là d'un des jeux que j'aurai le plus pratiqué dans mon existence. Le mode "solo", d'ores et déjà, que j'ai fini studieusement, dans tous ses modes de difficulté, en m'aidant d'une solution pour certaines missions compliquées ; le mode "multi-joueurs", ensuite, des nuits entières avec des amies et des copines, des voisins et des voisines, des gens de passage voire. J'achetais même le rumble pack, cet accessoire faisant vibrer la manette pour reproduire les coups, rien que pour ce jeu.

   D'autres depuis sont venus, Perfect Dark, ne serait-ce, mais malgré sa qualité supérieure (et de cela, on ne saurait pourtant douter), il ne parvint à remplacer le premier dans mon cœur. Pourquoi donc, je l'ignore encore ; je ne suis pourtant pas spécialement fan de l'espion, quand bien même aurais-je vu sans trop de déplaisir bien de ses missions ; ma génération a appris à fuir les jeux "à licence", on les savait généralement médiocres à de belles exceptions près encore ; je préfère de loin la fantaisie à la politique-fiction. Mais là, tout me va, je ne regrette rien.

   C'est un mystère intéressant pour moi, et une preuve encore que les choses de l'amour, on ne peut les expliquer. Il y a des rencontres bizarres qui se font bizarrement et qui pourtant tissent des liens éternels, sans regret ni erreur, et que l'on garde à part nous jusqu'à la toute fin du monde.

   Depuis Goldeneye 007, je n'ai pas franchement refait de FPS, rien ne m'aura jamais vraiment attiré. Il y a bien eu quelques Fallout, il y a bien eu quelques Mirror's Edge ou quelques Bioshock, mais sont-ce vraiment des doom-like ? J'aime mieux les croire empruntant le dispositif mais pour en faire autre chose, comme les jeux d'aventure peuvent être des point'n click, sans que le contraire ne soit nécessairement vrai. Goldeneye 007 demeure.

   C'est une étrangeté, et peut-être me concernant la seule occurrence : j'ai fait quelques tactical-RPG, j'ai fait quelques simulations (même si je suis notoirement mauvais à ceux-ci), mais je détourne pudiquement le regard pour ce genre. Goldeneye 007 pourtant sort toujours de l'ombre, avec son goût de "reviens-y" : vingt ans plus tard, il est encore le seul, et rien d'autre n'a pour moi existé.

 

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