The No Comprendo (1986, Les Rita Mitsouko)
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Lorsque j'étais étudiant, un certain nombre de groupes que l'on associait au "rock musette" était parmi les favoris de mes camarades. Je ne les goûtais guère. Étrangement cependant, les Rita Mitsouko faisaient également partis de ces favoris. Je les connaissais déjà, je ne les aimais que davantage.
J'ai été surpris d'apprendre, en lisant ci et là, qu'on les désignait comme un groupe de rock'n roll. Cela devenait évident quand j'y pensais, mais il est vrai qu'alors, je ne parvenais pas vraiment à les définir. De la pop peut-être, de l'expérimental, de la "nouvelle vague", peut-être. Dans mon cœur, je les associais volontiers à Depeche Mode, à des groupes anglais plus que français d'ailleurs : il y avait quelque chose d'étrange, voire d'alien dans tout cela, qui me dépassait un peu.
The No Comprendo est considéré comme l'un de leurs meilleurs albums, et il est vrai que certains de leurs morceaux les plus connus s'y illustrent, "Andy", ou "C'est comme ça". Peut-être moins cités, mais que je trouve tout aussi réussis, "Nuit d'ivresse" ou "Stupid Anyway" méritent également le tour d'oreille. Les plus célèbres sont sans doute, de loin, les meilleurs ; mais c'est à tout qu'il faut revenir, si l'on veut tout comprendre.
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Je retrouve volontiers dans cet album, et chez les Rita d'ailleurs, des sentiments bizarres qui me font aussi penser à Thiefaine, ou à Bat for Lashes. Cette mélopée qui monte et qui redescend, sans savoir exactement le chemin qu'elle prendra ; ces histoires qui parlent un peu d'amour et de tristesse, de mort et de joie, mais qui nous laisse finalement décider ce qu'on en retiendra ; cette tranquillité suave qui confine à la mélancolie.
Je ne peux écouter longtemps les Rita, ni cet album, sans être confus et m'en détourner finalement, comme s'il y avait quelque chose de trop compliqué pour moi, qui adore la simplicité plus qu'autre chose. Parfois pourtant, ma vie se vide et j'y reviens. On ne peut jamais apprécier la simplicité que si l'on connaît le difficile : et rien ne m'est plus difficile à comprendre, que ce que j'aime dans The No Comprendo.
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