Le Roi Lion (1994, Westwood Studios)

Publié le par MathieuGoux

   En traînant, comme je le fais souvent, sur Youtube et autres, je tombe parfois sur des parties complètes des jeux vidéo de mon enfance. Parfois, ce sont des jeux que je n'ai jamais finis, parce qu'ils étaient trop difficiles ; ou encore, parce que j'étais trop jeune.

 

   De tous les jeux que j'ai pu posséder petit, de tous ceux que j'ai aimés et que j'ai refaits, sans aller bien loin pourtant, The Lion King est sans doute celui que je retiens le plus. J'ai été emporté, comme toutes celles et ceux de ma génération, par le film de Disney dont l'influence, encore maintenant, est incontestable. À l'époque, la mode s'est perdue depuis, des adaptations en jeu vidéo arrivaient juste après, voire peu de temps avant selon les hasards des calendriers.

   J'ai déjà parlé de ça ici, ainsi qu'ailleurs ; mais ces adaptations étaient toujours notables. Soit, parfois, parce qu'il s'agissait de bons jeux dans l'absolu ; soit, souvent, parce qu'ils permettraient de retrouver l'ambiance du dessin animé en attendant la VHS ; soit, quasiment toujours, parce qu'ils étaient magnifiques. Les développeurs travaillaient régulièrement avec le studio d'animation, et avaient accès à des documents de travail précieux ; et, bien sûr, ils pouvaient porter les musiques, excellentes, dans les jeux.

   Mais ces adaptations se distinguaient, quasiment toujours encore, par leur incroyable difficulté. Certes, ces jeux étaient destinés aux plus jeunes, et les enfants que nous étions n'avaient pas encore totalement développé nos réflexes, nos facultés d'anticipation, tout le reste : mais même avec l'âge, The Lion King me reste largement inaccessible. J'ai, depuis, battu d'autres titres récalcitrants, des Mario et des Donkey Kong ; j'ai vengé l'enfant que j'étais ; mais la jungle me résiste toujours.

   Alors, comme je faisais jadis, lorsque j'y reviens, je refais ad libitum les premiers stages ; il y a un cheat code, que je connaissais déjà à l'époque, qui me permet d'essayer les autres, même de voir le générique de fin ; mais à chaque fois que je veux m'y mettre, et m'y mettre "sérieusement", je suis tout découragé, et n'y parviens pas.

   The Lion King demeure pourtant, et paradoxalement, l'un de mes jeux favoris, non seulement de mon enfance, mais dans l'absolu. Il y a là de la beauté, graphique et musicale ; une animation qui me plaît ; des couleurs chatoyantes. Il y a de l'humour, il y a du challenge même si, rapidement, il devient bien trop élevé pour moi. C'est bizarre, et cela m'étonne autant.

Ça m'étonne, parce que le jeu vidéo n'a pas besoin d'être parcouru à fond pour atteindre cette préférence. On trouverait étrange qu'un film, dont on n'a vu qu'un extrait, soit son préféré ; ou un roman ; ou un album de musique. Il faudrait peut-être revoir cela, le jeu vidéo peut nous montrer ce qu'il en est. Si on aime une couleur, nul besoin de parcourir le nuancier.

 

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