Les Psy (1994-2019, Cauvin & Bédu)

Publié le par MathieuGoux

   Des bandes dessinées sur les professions, Raoul Cauvin s'en était fait une spécialité ; et malgré leur répétition, ces gags me faisaient toujours rire. Les Psy, dont on n'aura aucun mal à comprendre le sujet, était parmi mes préférées jadis.

 

 

   Les bandes dessinées de Cauvin souffrent d'une sale réputation, parmi les spécialistes de la bande dessinée. On les dit faciles, commerciales, pas franchement drôles, moches même. Je ne comprends pas ces critiques. Certes, je n'irai pas à les dire aussi grandes que les chefs d'œuvre intemporels du média : mais elles ne méritent pas cette avanie. Elles sont honnêtes, souvent plaisantes, parfois malignes, agréables toujours ; toutes ne peuvent pas en dire autant.

   Après les infirmières, je repenses alors aux psychologues que je suivais, là encore, dans l'hebdomadaire Spirou. Les histoires, généralement, ont la même structure : un ou une patiente se rend chez les Docteur Ménard, on s'allonge sur le canapé tandis que le docteur écoute les doléances. La chute arrive, les histoires font une à deux pages, trois peut-être au maximum ; et c'est fini.

   Je peux comprendre que la lecture au kilomètre soit fatigante, je ne crois pas cependant que la chose ait été pensée comme ça. Au regard des Femmes en Blanc, ou même de l'Agent 212, le décor change bien moins souvent, on est presque toujours en huis clos : certaines histoires commencent ailleurs, d'autres finissent dehors, mais la plupart se déroule strictement dans ce cabinet.

   Il y a, cependant, les récits des malades, qui souvent nous amènent dans leur enfance, dans leur travail, dans leur intimité, et cela permet de voir autre chose que des murs ternes et des sofas cuivrés. Et puis, il faut dire que Cauvin s'inspirait beaucoup de l'actualité pour ses histoires, il lisait les journaux médicaux : les troubles et les remèdes proposés sont assez véritables, et je me suis même instruit malgré moi en parcourant ces histoires.

   Et puis, il y a des histoires qui me restent assez : ce patient qui pense que le Père Noël était ses parents, et dit donc à son fils qu'il s'agissait de ses grands-parents ; cette femme qui combat les crises de colère de son mari avec une tapette à mouches, et en le frappant à chaque fois qu'il hausse la voix ; cet autre qui explique qu'il a toujours préféré traîner avec les garçons, et en conclut donc qu'il en est un... Il y a des présumés "chefs d'œuvre" qui n'ont pas imprimé aussi nettement leur marque en moi !

   Je ne crois pas avoir d'albums, je n'ai que des compilations et des Spirou magazine, il me faudra tout de même y venir. On les trouve assez en occasion, dans les brocantes et les vide-greniers : on s'en débarrasse comme d'une vieille veste ou d'une boule à neige. Ce n'est pas triste : ça leur permet d'avoir une seconde vie. Leur place n'est pas dans un musée : et il y a de la gloire à ça.

 

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