Isles of Sea and Sky (2024, Cicada Games)

Publié le par MathieuGoux

   Il y a des genres de jeu, sans doute moins connus que la plate-forme, l'action ou le jeu de rôle, auxquels je reviens constamment. Le sokoban en fait partie : il consiste à pousser des blocs. Isles of Sea and Sky est un des meilleurs du genre, et je voulais en parler un peu.

 

   En parler un peu, mais je l'ai déjà fait en vérité, dans une émission de radio avec Baba is You, dont j'avais aussi parlé jadis ici. Le jeu prend place dans un décorum tropical inspiré, ce me semble, des mythes polynésiens. Dans un archipel d'îles que l'on rejoint à dos de tortue géante, nous voilà pousser des blocs aux différentes propriétés pour résoudre des énigmes, collecter des gemmes, libérer des divinités tutélaires, peut-être sauver le monde : l'histoire est légère mais obscure, certaines choses ne seront pas dites.

   Immédiatement cependant, c'est évidemment sa patine graphique qui m'attira l'œil ; il m'a fait immédiatement penser à Link's Awakening qui demeure l'un de mes jeux favoris à côté de A Link to the Past, qui sera toujours néanmoins mon horizon ludique absolu. Ainsi amiaulé, je me suis lancé dans l'affaire et, quelque trente heures plus tard, j'ai regretté qu'il n'y ait pas eu davantage de blocs à pousser.

   J'ai développé cette idée, dans ma grammaire du jeu vidéo, que l'on ne faisait jamais rien d'autre en jouant que de répéter les mêmes gestes et les mêmes pressions de boutons et de levier. Rien n'est plus vrai, ce me semble, qu'ici : mais la puissance du jeu vidéo, son intérêt et son intelligence, est précisément de dissimuler cette répétition. Isles of Sea and Sky le fait extraordinairement bien, on ne se rend pas nécessairement compte de l'astuce ; du moins, je ne m'en suis absolument pas rendu compte.

   Je ne reviendrai pas nécessairement sur les quelques nouveautés que le jeu introduit, son exploration et sa non-linéarité, les blocs originaux qu'il propose, les additions qui viendront ultérieurement, comme on peut voir le contour de certaines îles que l'on ne sait pas — encore — atteindre : je vous renvoie vers ce que j'ai dit ailleurs. Mais simplement, il y a un enchantement dans la simplicité belle que l'on propose ici que je voulais partager encore ; si c'est une mission, elle n'est pas si mauvaise.

 

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