Mario & Zelda Big Band Live CD (2003, divers)

Publié le par GouxMathieu

   Comme j'ai eu à le dire quelques fois, j'aime la musique de jeu vidéo, sous toutes ses formes ; des originales aux reprises, elles sont associées à de grands souvenirs d'enfance, à de nobles sentiments, à de belles choses. Cette fois-ci, abordons un troisième accès à cette matière : le concert.

 

   Ils se développent ces temps-ci, de la même façon que les musiques de cinéma, depuis que John Williams réintroduisit magistralement la musique savante dans les esprits, et des thuriféraires depuis, qui avec Final Fantasy ou Dragon Quest, qui avec d'autres, de s'autoriser des concertos et des salles de concert qui leur auraient été inaccessibles il y a quelques décennies de cela.

   Il y a pourtant, dans cet album du Mario & Zelda Big Band Live, une composante complémentaire à la reconnaissance académique que le principe même suppose : précisément, ce "Big Band", cette fanfare swing que j'aime tant et qui me fait frisonner à chaque fois. Bien que l'univers de Mario, ou de Zelda, ne semble guère tout d'abord se prêter à cette école, il est fascinant de voir que les pistes composées, en grande partie, par Koji Kondo, se prêtent merveilleusement bien à l'exercice.

   On doit ces reprises, qui lorgnent du côté de l'improvisation parfois, notamment à The Big Band of Rogues, précisément connu - voire formé ! - pour cet album, et au groupe de Yoshihiro Arita, joueur de banjo des plus renommés. D'autres artistes viendront pour l'occasion, notamment Kazumi "Totakeke" Totaka, l'un des plus grands compositeurs de la firme au plombier, et Seiko, une chanteuse entonnant mélancoliquement la "Chanson d'Épona" (Ocarina of Time).

   Il y a là aussi, quelque part, comme un album jalon, et pour Nintendo, et pour le joueur que j'étais alors. 2003, c'est la fin de la période Game Cube, Super Mario Sunshine et The Legend of Zelda: The Wind Waker ayant été mollement reçus par la critique comme par les fans, après une période, sur N64, particulièrement faste. Bientôt, la Wii allait tout renverser sur son passage, mais cela on l'ignorait ; Sony et la Playstation 2, Microsoft et la Xbox, poitrinaient ; il y avait comme une ambiance de fin de règne.

Mais c'est précisément ça, alors, la forme de ce concert, de ce groupe, de cette explosion de trompettes, de cloches et de tambours. La lumière s'éteint et le dernier à partir ferme la porte derrière lui, mais la joie se poursuit dans les rues, la foire prend sur son chemin, carnaval étrange et dégingandé, les passants intrigués, les enfants joyeux, les vieillardes ingambes. On peut les trouver ridicules, ces historiettes de plombiers sauvant des princesses champignon, ou d'elfes brandissant Excalibur et pourfendant des cochons géants : elles me transportèrent pourtant en des lieux colorés auxquels ni le cinéma, ni la littérature ne surent me mener.

   Plus précisément encore, dans cette galaxie infinie du jeu vidéo que j'aime depuis mes plus jeunes âges, Nintendo est toujours, et de loin, celui qui me plaît le plus, par sa chaleur et sa bonhommie, ses arcs-en-ciel, ses joyeusetés. J'aime parfois le sombre et l'obscur, le délétère, qu'on exerce ma scolastique de pesantes et philosophiques pensées ; mais qu'il est doux et bon que le ciel soit bleu et que l'herbe soit verte et fraîchef, et qu'un banjo pincé m'endorme, au creux limoneux d'une rivière tendre. Du moins, et dans le monde qui est aujourd'hui le nôtre, nous en avons besoin.

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