Zodiac (2007, David Fincher)
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J'ai eu l'occasion de le dire à quelques reprises : j'ai comme une fascination morbide pour les histoires de meurtres, de tueurs en série, d'enquêtes policières de longue haleine. Il y a comme une perversion malsaine dans ces histoires, je suis le premier à le reconnaître : mais tout comme le papillon vers la lampe, j'y reviens et m'y brûle. Récemment, je redonnai une chance à Zodiac, qui me plut démesurément la fois seconde.
Je l'avais effectivement vu à sa sortie ou presque, il y a de cela une dizaine d'années, mais il ne m'avait alors pas parfaitement plu, sans que je sache parfaitement pourquoi. Peut-être avais-je été déstabilisé, jadis, de cette narration sautillante entre plusieurs personnages principaux, entre les détectives, les journalistes, le dessinateur ; peut-être étais-je perplexe de la façon très froide, anatomique, de filmer les morts, qui contrastait certainement avec les autres plans, parfois plus chauds dans leur identité, bien que toujours statiques ; peut-être l'époque, les années 70, me rendait interdit.
Toutes ces choses-là, aujourd'hui, elles me plaisent incroyablement peut-être, précisément, parce que j'avançais en âge, parce que je cherche à présent des choses qui alors me rebutaient. Même si j'aime toujours la simplicité, le primesautier d'une narration chorale - même s'il ne s'agit pas vraiment de ça, j'y reviens - éclate les points, fragmente évidemment l'intrigue et participe de ce balancement inhérent à toute enquête policière, entre la piste et la déconvenue ; le détachement paradoxalement intrusif de l'œil, moi qui depuis connus Citizen Kane, prolonge organiquement mon propre regard, à la fois dans et hors du film ; les années 70 devinrent progressivement ma décennie artistique favorite, notamment en musique, et cela me parla.
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Le mystère, à l'époque comme maintenant, me perturbe toujours autant. Il est des pistes plus ou moins certaines, ou présentées comme telles. Le film reprend l'hypothèse majeure de Robert Graysmith, auteur du livre basilaire, et tend donc vers cette résolution et ce même si d'autres suspects sont présentés. Il faut se méfier des réponses ainsi offertes, on présente souvent la charge en oubliant la décharge, et elle est souvent colossale : à ce que j'ai cru comprendre cependant, en me documentant à côté, cette solution est celle considérée aujourd'hui comme la meilleure, même si toujours le doute subsistera.
Mais c'est là où, justement, je reviendrai volontiers au récit choral, et le nuancerai. Il est autre chose qui dirige les corps et les esprits dans ce film, c'est l'idée du puzzle, c'est le code, c'est l'association des symboles et des formes. Il y a quelque chose du picross dans la démarche, cela me vint en y repensant à l'instant : le message caché, la grille du nonogramme, présuppose qu'il est une solution unique, qu'il faut trouver. La façon de l'atteindre en revanche est plus ou moins libre. Nous ne sommes donc pas tant ici dans un récit choral, dans le sens général du terme, où l'événement étant immense comme l'éléphant de la fable, il faut cumuler les points de vue pour le décrire ; plutôt, nous sommes ici dans un récit en canon, où chaque enquêteur, journaliste, dessinateur, répétera en variant la voix ce qu'il décrit, en espérant cette fois-ci que sa progression le mènera, finalement, à la réponse.
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Finalement, et c'est peut-être ça qui est à la fois le plus frustrant, mais également le plus stimulant, il n'y aura pas de réponse définitive aux questions et même, peut-être, aucune question du tout : des lettres qu'envoya le tueur à la presse, certaines ne sont pas encore décodées. C'est curieux, mais peut-être doit-on voir la chose autrement ; et plutôt que d'envisager que personne n'a su trouver le code qui pourrait offrir, c'est ce que l'on pense, le nom définitif du tueur, peut-être n'y a-t-il jamais eu de code, peut-être est-ce un charabia qui se fait passer pour une énigme.
La malédiction humaine, nous sommes tous et toutes coupables de ça, c'est de ne jamais cesser à faire sens, de vouloir toujours trouver du sens, y compris où il n'y en aura jamais aucun. Les meurtres terrifiants, les attaques, les mutilations parfois ; peut-être, comme le prétendent les spécialistes, la première victime est signifiante, et que les autres ne sont que des reproductions de hasard et de circonstances. Peut-être n'y a-t-il rien à comprendre, peut-être y a-t-il tout à comprendre : mais que peut-on faire, face à une porte fermée, sans poignée ni serrure ? L'âme humaine, on le saura un jour, n'est pas une énigme à résoudre.
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Wyrd Sisters (1988, Terry Pratchett)
Inscryption (2021, Daniel Mullins Games)
Orgazmo (1997, Trey Parker)
Fluide Glacial (1975 - en cours, AUDIE)
A Few of my favorite things (5)
Jacquou le Croquant (1899, Eugène Le Roy)
Donkey Kong Country 3: Dixie Kong's Double Trouble! (1996, RareWare)
Les Guignols de l'Info (1988-2018, Alain De Greef & Alain Duverne, auteurs divers)
Kador (1978-1982, Binet)
Little Shop of Horrors (1982, H. Ashman & A. Menken)
Le Petit Chose (1868, Alphonse Daudet)
The Legend of Zelda: Link's Awakening (1993, Nintendo)
Columbo (1968-2003, Richard Levinson & William Link)
Cédric (1986 - en cours, Cauvin & Laudec)
Des nouvelles (février 2026)
Renaud cante el' Nord (1993, Renaud)
The Bizarre World of Fake Video Games (2025, Super Eyepatch Wolf)
Hades II (2025, Supergiant Games)
Evil Dead 2: Dead by Dawn (1987, Sam Raimi)
Walking Dead (2005-2020, Robert Kirkman et al.)
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